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L’Allemagne après les élections, à quoi peut-on s’attendre?

Entre les potentielles évolutions de la politique fiscale et climatique ainsi que la recomposition du DAX, les enjeux à surveiller sont nombreux.

Qui va arriver en tête des élections? Avec la récente percée du SPD dans les sondages, principalement aux dépens de la CDU/CSU, tout laisse penser que le prochain gouvernement allemand sera probablement composé de trois parties. Cependant, tout reste ouvert étant donné la marge d’erreur des sondages.

Le système électoral allemand favorise la stabilité politique. Toutefois, les rapports de force politiques évoluent. Les investisseurs devront être attentifs à la future orientation de la politique fiscale et climatique, ainsi qu’à la numérisation.

La politique climatique est le seul point sur lequel les programmes de tous les partis convergent assez fortement. Pourtant, même ici, les positions les plus extrêmes devraient s’atténuer au sein d’une coalition gouvernementale.

Le carbone va sans doute voir ses prix augmenter. Les investissements dans les technologies vertes devraient également être stimulés. Par ailleurs, toutes les coalitions envisageables permettent de s’attendre à un assouplissement de la politique financière.

Après l’élection, de fortes réactions des marchés financiers ne sont pas attendues. Mais ces derniers devraient tout de même se préparer à un renforcement des campagnes réglementaires et fiscales.

Les développeurs et les exploitants d’énergies renouvelables, les constructeurs automobiles axés sur les véhicules électriques, les technologies des semiconducteurs, les exploitants d’énergies renouvelables et les entreprises industrielles dans l’ensemble sont vraisemblablement les plus susceptibles d’en profiter.

Seule une coalition rouge-rouge-vert (RRV) pourrait faire augmenter l’offre d’emprunts fédéraux sur les marchés. Les rendements des obligations pourraient alors être tirés vers le haut à court terme.

En outre, une politique financière axée sur la croissance plus souple en Allemagne, ainsi qu’une plus forte orientation pro-européenne laissant la place à un compromis sur les règles fiscales au sein de l’UE, devraient porter l’euro.

La recomposition de l’indice de référence allemand DAX, qui se passe presque simultanément, n’est pas anecdotique pour les investisseurs. En réaction à l’effondrement de Wirecard, la Bourse allemande a décidé de faire passer le DAX de 30 à 40 titres.

A présent, les sociétés qui vont intégrer le DAX doivent faire état d’un résultat opérationnel positif sur au moins deux années consécutives. Ces nouvelles entreprises vont, dans tous les cas, faire augmenter la part des titres de la «nouvelle économie» au sein de l’indice.

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Daniel Kalt / James Mazeau

UBS Global Wealth Management Chef économiste suisse / Chief Investment Office (CIO)