Article contributeur

La Fed fait monter la pression

Les marchés boursiers ont enregistré une brusque rotation sectorielle: les titres de croissance à forte valorisation ont perdu du terrain au profit des titres aux valorisations nettement plus faibles.

La semaine passée fut dominée par la publication de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui donne un compte rendu de la dernière réunion de ses membres à la mi-décembre. Il en ressort que le resserrement de la politique monétaire américaine pourrait être plus rapide et plus important que prévu. En effet, la hausse de l’inflation à 6,8% en novembre ainsi que l’état du marché de l’emploi aux Etats-Unis incitent les membres de la Fed à agir avec un peu plus de vigueur. 

Au programme 2022, il faut s’attendre désormais à la fin des achats d’actifs de la Réserve fédérale (dès mars déjà), un relèvement des taux directeurs (potentiellement dès cette date aussi, avec trois hausses de taux durant l’année) et, surprise, la réduction éventuelle du bilan de la Fed qui a explosé sur les 10 dernières années suite aux multiples plans d’assouplissement quantitatifs. 

La taille du bilan de la Fed atteint désormais les 8,7 trilliards de dollars, soit l’équivalent cumulé du PBI de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. Ce nouvel élément a généré une remontée des taux des emprunts à 10 ans du gouvernement américain qui sont venus se frotter à un niveau techniquement critique (à 1,79%). La réaction a été vive sur les marchés boursiers et l’on a assisté à une brusque rotation sectorielle où les titres de croissance à forte valorisation ont perdu du terrain au profit des titres plus «value», aux valorisations nettement plus faibles. Tout le secteur des financières a également salué la nouvelle en affichant de belles performances. 

Les effets d'Omicron

Du côté de la pandémie, l’OMS confirme que le nouveau variant Omicron a désormais atteint toutes les zones géographiques du globe mais que les symptômes sont moins graves par rapport aux variants précédents. Si cela constitue bien évidemment une bonne nouvelle sur le plan sanitaire, la vitesse de propagation et le taux de contamination de ce dernier est plus élevé que celui de ses prédécesseurs. Cela a un impact sur l’absentéisme au travail qui tend à augmenter puisque les cas de contamination sont très élevés. 

Les premières indications sur l’impact économique de cet absentéisme, lié aux quarantaines, signalent une baisse de la consommation dans le secteur de la restauration et de l’hôtellerie aux Etats-Unis ce qui conduit, bien souvent, à une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs d’activité où le télétravail n’est pas possible. Le PBI du 1er trimestre 2022 pourrait en être impacté négativement.


BNS: encore une année de forts résultats

La Banque nationale suisse (BNS) a publié les estimations provisoires de son résultat 2021. Le bénéfice de la BNS en 2021 devrait atteindre les 26 milliards de francs. A priori, le dernier trimestre 2021 fut mauvais puisqu’il aurait conduit à des pertes de l’ordre de 15 milliards.

En effet, les chiffres au 3e trimestre 2021 faisaient encore état d’un bénéfice de 41 milliards. Les éléments qui peuvent expliquer la contreperformance du 4e trimestre sont très probablement liés au raffermissement du franc contre l’euro de près de 4% sur la période et de 2% contre le dollar, ainsi qu’à la remontée généralisée des taux sur le 4e trimestre.

2021, sera encore une année globalement très positive et le montant des réserves de distribution devrait dépasser la barre des 100 milliards de francs. Les cantons et la Confédération devraient encaisser pour l’exercice un montant de distribution plafonné à 6 milliards à raison de, respectivement, deux tiers pour les cantons et un tiers pour la Confédération.

La taille du bilan de la BNS a très fortement augmenté ces dernières années et dépasse désormais les 1000 milliards de francs. Il est clair qu’avec un bilan aussi grand les fluctuations des marchés ont des impacts très importants en valeur absolue à la hausse comme à la baisse. Le rapport définitif sur les comptes sera publié début mars.

Commentaires

Karine Patron