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Hausse de l’inflation: le débat fait rage à savoir si elle est passagère ou durable

Le sujet de l’inflation est brûlant aux Etats-Unis: elle est notamment plus importante outre-Atlantique et le pays serait près de la spirale salaire/prix.

Aux Etats-Unis, la forte progression de l’inflation a laissé tout le monde sans voix. Nulle part ailleurs dans le monde le débat à ce propos ne bat autant son plein. Le sujet est brûlant pour plusieurs raisons. Explications.

L’inflation aux Etats-Unis est bien plus importante qu’en Suisse (~1%) et le pays de l’Oncle Sam se trouve vraisemblablement plus près de la spirale salaire/prix au vu de la large pénurie de main-d’oeuvre. En Suisse, le sondage UBS a démontré que les salaires nominaux ne devraient augmenter que de 0,8% en moyenne l’année prochaine. Un chiffre qui ne devrait guère tirer les prix à la consommation vers le haut.

Début de la spirale salaire/prix

De l’autre côté de l’Atlantique en revanche, on observe les signes d’un début d’accélération de l’augmentation des salaires, dont l’épilogue dépendra en grande partie de l’évolution de la situation sur le marché du travail.

Dès l’été dernier, l’économie américaine produisait à nouveau autant de biens et de services qu’avant le Covid-19, mais avec environ 5 millions de travailleurs en moins. Beaucoup d’entre-eux sont sortis du marché du travail, soit parce que les généreuses aides aux ménages le leur permettent, soit parce qu’ils ont dû garder leurs enfants en raison de la fermeture des écoles et des crèches.

Inflation transitoire ou permanente?

Cependant, les derniers chiffres de l’emploi (octobre) indiquent une augmentation de plus d’un demi-million de travailleurs occupés. Cela tend donc à donner raison à ceux qui voient la situation se détendre sur le marché du travail et qui prévoient ainsi un relâchement de la pression exercée par les salaires et par l’inflation.

En dépit de ces évolutions, le débat fait rage entre le camp du «transitoire» et celui du «permanent». La Recherche d’UBS pense qu’une grande partie de la hausse de l’inflation aux Etats-Unis est passagère. La question est plutôt de savoir si les taux d’inflation vont se stabiliser à moyen terme en dessous ou plutôt au-dessus de la barre des 2%.

Privilégier les valeurs réelles

Pour les investisseurs, il est recommandé d’investir dans des entreprises qui possèdent un fort pouvoir de fixation des prix et qui sont en mesure de protéger, ainsi que de maintenir, leurs marges bénéficiaires en répercutant la hausse des produits intermédiaires et du coût du travail.

En règle générale, les valeurs dites réelles (actions, immobilier et matières premières) protègent mieux les investisseurs que les valeurs nominales (obligations et liquidités) contre l’érosion de la valeur due à une inflation plus forte qu’attendue sur le long terme. 

En outre, les investisseurs avec un horizon de placement à long terme et en capacité d’immobiliser leur capital sur une période prolongée devraient également envisager de se tourner vers le private equity.

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Daniel Kalt / James Mazeau

UBS Global Wealth Management Chef économiste suisse / Chief Investment Office (CIO)