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Forte rotation sectorielle

Les titres liés à l’énergie et à la finance en baisse marquée. Les titres de consommation étaient bien orientés.

L’an dernier à la même époque le monde s’interrogeait sur les conséquences sur les marchés financiers des blocages causés par la diffusion du coronavirus. Et malgré l’incertitude, le résultat a été pour le moins inattendu pour cette année 2021 proche de sa conclusion, avec de bons chiffres de ventes et de rentabilité annoncés par les entreprises et nombre d’indices boursiers au plus haut historique. 

C’est bon signe, les ventes au détail américaines étaient en hausse de 1,7% en octobre, sur un mois, montrant que les consommateurs continuent d’acheter malgré les prix qui s’envolent. Les achats pour les fêtes de fin d’année ont été sans doute anticipés par craintes de pénuries dans les magasins. Une pointe d’amélioration concernant les difficultés liées à la chaine d’approvisionnement a permis de compenser les nouvelles inquiétudes liées à l’accélération de la propagation du Covid en Europe avec un possible effet domino sur la reprise économique. 

La technologie bénéficie de la baisse des taux 

Le thème de la quatrième vague de pandémie a capté toute l’attention des investisseurs. Si les principaux indices boursiers ont globalement été modestement impactés par le retour du risque sanitaire et l’annonce du lockdown en Autriche, on a pu observer un marché d’actions à deux vitesses et un repli de l’euro, au plus bas niveau depuis 16 mois face au dollar. 

Il s’est produit une forte rotation sectorielle, avec notamment un repli des valeurs de l’énergie avec la chute des cours du baril, une baisse marquée des valeurs financières, du fait de la baisse des rendements obligataires, et des titres liés au tourisme. Les titres de consommation étaient par contre bien orientés tandis que le secteur technologique bénéficiait de la baisse des taux et d’une réduction en vue de la pénurie de semi-conducteurs annoncée par certains fabricants de composants. 

Le Nasdaq a ainsi progressé de 1,2% sur la semaine, poussé par les grandes capitalisations (Apple +7%, Microsoft +2%). 

De la demande pour les actifs risqués 

Les rendements réels, ou ajustés de l’inflation, des obligations gouvernementales sont restés généralement négatifs en Europe et aux Etats-Unis (10 ans US -1,14%) malgré le rebond économique et la poussée inflationniste, ce qui constitue certes un puzzle mais stimule la demande des investisseurs pour les actifs risqués. Il faut dire pour ce qui concerne en particulier les rendements gouvernementaux américains que la demande de Treasuries est alimentée par des taux nominaux nettement plus élevés qu’en Europe et au Japon et par le programme d’achats de la Fed. Il est clair que l’on va vers une normalisation monétaire. L’appui des banques centrales va progressivement diminuer (une hausse des taux de la Bank of England est anticipée pour la réunion du 6 décembre), ce qui va entrainer plus de volatilité sur les actions, vu leur valorisation élevée. 

Ce lundi, le président américain, Joe Biden, a annoncé la reconduction du républicain Jerome Powell, 68 ans, à la tête de la Réserve fédérale américaine pour un second mandat de quatre ans.

Les cryptoactifs et la réglementation suisse

Les cryptomonnaies incarnent la finance de demain mais font également l’objet de spéculations sans précédent. Elles ont la particularité d’être décentralisées et indépendantes de toutes institutions étatiques et financières (banques) contournant ainsi toutes les réglementations. De fait, l’anonymat de la contrepartie de la transaction effectuée via le système de la blockchain rend impossible toute identification ou toute traduction en justice en cas de perte de clé d’accès ou problème. La transparence sur l’origine des fonds et l’application de la loi sur le blanchiment d’argent font défaut. En Suisse, le commerce de cryptomonnaies est soumis à une autorisation de la part de la Finma. Il nécessite l’affiliation à un organisme d’autorégulation ou une autorisation d’intermédiaire financier directement soumis à la Finma. Les investisseurs ne sont pas mieux protégés qu’ailleurs car la décentralisation et l’indépendance revendiquées par les cryptomonnaies s’opposent foncièrement à toute ingérence réglementaire. Rappelons que la blockchain a pour but d’éviter tout intermédiaire de type bancaire cédant ainsi le contrôle opérationnel à la communauté décentralisée des mineurs (les agents validant les transactions dans la blockchain). Il convient par conséquent d’être prudent quant à l’investissement dans des cryptoactifs sur ces plateformes d’échanges qui font le travail des banques sans être soumises aux mêmes réglementations.

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Karine Patron