Entretien avec Florence Schurch

Florence Schurch, Secretary General of the Swiss Trading and Shipping Association.

Florence Schürch a commencé sa carrière en travaillant contre le crime organisé. Elle a été la première femme suisse agent spéciale de la police fédérale en poste à l'étranger. Six mois après le 11 septembre, elle a été affectée à l'Ambassade de Suisse aux États-Unis, puis en Allemagne pour travailler avec le BKA (police fédérale allemande). En tant que diplomate, Florence a soutenu l'Ambassadeur dans les mesures de sécurité intérieure et ses fonctions diplomatiques. En 2009, le Conseil d'État l'a nommée attachée fédérale pour défendre les intérêts de Genève au niveau national. Un an après sa nomination à la tête de la STSA, Florence a mis en place son équipe, digéré avec succès la campagne contre l'Initiative des entreprises responsables et voit l'année 2021 comme un retour aux fondamentaux – non seulement pour les 200 membres de la STSA mais aussi pour l'industrie dans son ensemble.

Après « La Grande Réinitialisation » annoncée par le Forum Economique Mondial, le « Retour aux Fondamentaux », proposé par la STSA. Comment expliquez-vous ce choix ?

En 2020, des fraudes importantes ont ébranlé l'industrie du négoce et mis les banques et les PME en difficulté. L'impact sur l'image de l'industrie est énorme. Notre mission est d'aider les négociants à restaurer cette image. Nous pensons pourvoir y parvenir en retournant aux fondamentaux.

Il est temps de tirer les leçons du passé, de prendre acte des erreurs commises et de travailler sur l'avenir du négoce en Suisse.

Ok, parlons du futur, quelles sont vos priorités pour 2021 ?

Communiquer, communiquer et encore communiquer… en toute transparence – nos mots clés pour avancer. L'industrie a trop longtemps souffert d'une dommageable réputation due au manque de communication et de connaissance du public. C'est de notre faute, car nous ne communiquons pas assez, mais dorénavant mon but – comme celui de Ramon Esteve, Président de la STSA – est « de rendre les suisses aussi fiers de leurs négociants que de leurs fromagers. »

Le rôle du transport est également essentiel dans notre économie. Avez-vous des exemples dans le domaine du transport maritime tout au long de cette chaîne d’approvisionnement ?

Sans le transport maritime qui déplace 95% des marchandises dans le monde, l’approvisionnement ne serait pas aussi efficace. Cela est possible grâce aux marins et aux membres d'équipage qui travaillent sans relâche afin de livrer des marchandises et des matières premières dans le monde entier, parfois sans rentrer chez eux pendant des mois.

2020 a été une année fructueuse pour les grandes maisons de négoce. Cela peut-il expliquer pourquoi le secteur est diabolisé ?

Les négociants travaillent dans des pays parfois complexes, où les lois et la gouvernance du pays ne sont pas toujours comparables à celles de la Suisse. La Suisse ne cultive pas de cacao, de café, de riz ou de coton. Grâce aux négociants, les matières premières de pays riches en ressources, souvent marqués par l'instabilité, sont déplacées vers les pays plus pauvres en ressources. Les sociétés de négoce encouragent activement la responsabilité et la durabilité par le biais de diverses initiatives. Certaines sont aujourd'hui financées par la Banque Mondiale ou des banques de développement car elles considèrent que les négociants jouent un rôle important dans le développement local des communautés. Il existe de nombreux labels et standards qui restent ignorés du public.

Est-ce que l'expression "Back to Fundamentals" signifie que vous voulez placer le rôle du négociant au centre ?

C'est exactement notre objectif. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, les négociants jouent un rôle fondamental dans le quotidien de chacun. Des erreurs ont été commises, mais les modèles de gouvernance des sociétés de négoce ont changé afin d’accroître la transparence et la responsabilité.

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Elsa Floret