Retour du PIB suisse à son niveau d'avant-crise au troisième trimestre

L'économie suisse devrait se rétablir plus rapidement que celle des autres pays européens, selon une étude publiée vendredi par la banque bâloise J. Safra Sarasin.

Keystone
L'économie suisse a été moins touchée par les conséquences de la crise sanitaire en raison de mesures de lutte contre le coronavirus moins restrictives que dans d'autres pays.

La banque bâloise J. Safra Sarasin prédit un retour au niveau d'avant-crise au troisième trimestre déjà pour le produit intérieur brut (PIB) helvétique. Cette croissance semble acquise aux yeux de Karsten Junius, chef économiste de l'établissement rhénan, même en présence de goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement qui font grimper les prix des matières premières à l'étranger. «L'économie suisse est de retour», lance-t-il dans une étude diffusée vendredi.

Le PIB devrait progresser au troisième trimestre dans les mêmes proportions qu'au deuxième. L'économie suisse a crû de 7,7% en rythme annuel entre avril et juin. En comparaison trimestrielle, l'augmentation a atteint 1,8%. Ce rebond est intervenu une année après l'éclatement de la pandémie de Covid-19 et les restrictions ordonnées par les autorités afin d'endiguer la propagation du coronavirus.

J. Safra Sarasin table sur une progression du PIB suisse de 3,3% cette année et de 3,0% en 2022.

A en croire le spécialiste de la banque, tous les voyants conjoncturels sont au vert pour la Suisse, notamment le taux de chômage ajusté des variations saisonnières qui a reculé à 2,9% et un moral des consommateurs au beau fixe, à un pic jamais atteint depuis 2010.

Revoici le volant anticyclique

L'économie suisse a été moins touchée par les conséquences de la crise sanitaire en raison de mesures de lutte contre le coronavirus moins restrictives que dans d'autres pays. Introduite cette semaine par le Conseil fédéral, l'extension du certificat Covid aux restaurants, cinémas et concerts va quelque peu miner le moral des consommateurs, sans enrayer toutefois la tendance positive actuelle.

Les pénuries d'approvisionnement entraînent des variations de stocks qui ont coûté 1,6% de croissance à l'économie suisse au deuxième trimestre. Une normalisation est attendue pour bientôt, analyse Karsten Junius. Les hausses de prix induites par les goulets d'étranglement devraient déboucher à court, moyen et long terme sur une inflation contenue, supérieure à 1,0%, dans le couloir visé par la Banque nationale suisse (BNS).

L'institut d'émission devra moins intervenir sur le marché des changes afin de juguler la hausse du franc, selon l'auteur de l'étude.

Sur le marché immobilier, l'augmentation des volumes et taux hypothécaires reste sous contrôle. En revanche, le niveau des prêts rapportés au PIB n'a cessé de croître et dépasse les niveaux d'avant-crise, au moment où la BNS s'inquiétait déjà de la situation. La banque centrale devrait ainsi réintroduire le volant anticyclique de fonds propres pour les hypothèques, une mesure prudentielle suspendue dans le sillage de la pandémie de Covid.

Karsten Junius prédit par ailleurs un premier relèvement de taux d'intérêts par la Banque centrale européenne en 2024. (AWP)

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