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Rééquilibrage du portefeuille de devises

Bns. La forte pondération de l’euro a été réduite au cours de l’année dernière au bénéfice de la position en dollars US grâce à l’abandon du plancher.

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L’année 2015 du portefeuille en devises étrangères de la Banque nationale suisse (BNS) a été marquée par des valeurs record dans presque chacune des catégories. Ce qui n’est pas forcément révélateur d’une multiplication des interventions pour contrer des pressions à la hausse sur le franc. Il apparaît au contraire que la BNS a adopté une approche restrictive au cours de la deuxième moitié de l’année passée, surtout en ce qui concerne les acquisitions d’euros. Si le portefeuille a atteint une...

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L’année 2015 du portefeuille en devises étrangères de la Banque nationale suisse (BNS) a été marquée par des valeurs record dans presque chacune des catégories. Ce qui n’est pas forcément révélateur d’une multiplication des interventions pour contrer des pressions à la hausse sur le franc. Il apparaît au contraire que la BNS a adopté une approche restrictive au cours de la deuxième moitié de l’année passée, surtout en ce qui concerne les acquisitions d’euros. Si le portefeuille a atteint une nouvelle valeur record de 586,97 milliards de francs suisses en novembre (dernière date disponible pour les placements de devises), les appréciations des autres monnaies vis-à-vis du franc, intervenues en été pour l’euro et en automne pour le dollar, y ont fortement contribué. De la même manière, le léger recul dans les réserves observable en fin d’année (de 562,63 milliards à 559,68 milliards) doit essentiellement être attribué à la très légère baisse des deux monnaies les plus importantes (elles représentent plus de trois quarts du portefeuille), non pas à une diminution active à laquelle aurait procédé la BNS. Fin septembre, la position en dollars US a atteint 189,97 milliards de francs, celle en euros 237,14 milliards, celle en yen étant également arrivée à sa valeur maximale de 43,04 milliards à cette date-là, comme la livre sterling (41,97 milliards). Le dollar canadien a pour sa part enregistré sa valeur record en décembre 2014, à 20,95 milliards, tandis que les autres monnaies ont marqué leur valeur maximale fin mars, à 35,83 milliards. Si l’évolution de la paire Euro-franc suisse est restée très calme après une phase d’appréciation de la monnaie unique européenne en juillet-août, cela n’est pas non plus le fruit d’interventions de la BNS. De ce côté-là, son activité s’est concentrée sur la période suivant directement l’abandon du cours plancher, afin de ramener l’euro au-dessus de la parité, et finalement dans la zone autour de 1,05 franc. Sans chercher à aller plus loin, pour pousser vers 1,10 franc ou encore plus bas, comme l’avaient demandé notamment l’industrie des machines, mais aussi laissé entendre plusieurs conseillers fédéraux. Que l’euro ait vraiment été tout près de la barre de 1,10 en septembre n’était manifestement pas le résultat d’achats de la BNS, mais plutôt de la détente du côté de la crise de dette grecque. La BNS a manifestement été nettement plus active du côté du dollar US, dont les réserves ont augmenté de 46,3 milliards (en dollars) entre janvier et septembre de l’année dernière. Celles en euros n’ont grimpé que de 20,8 milliards en monnaie locale, ayant évidemment été engagés dans leur plupart au premier trimestre. Après une première intervention musclée dans le dollar US ayant probablement coïncidé avec l’abandon du cours plancher franc-euro le 15 janvier, la BNS a poursuivi ses acquisitions, quoiqu’à un rythme moins intense. Probablement dans l’idée de diminuer l’importance relative de la position en euros: alors que la monnaie unique européenne avait représenté 46,3% du portefeuille en décembre 2014, elle n’a plus pesé que de 41,9% en septembre 2015. Une repondération ayant essentiellement bénéficié au dollar US, dont la part a progressé sur la même période de 28,9% à 33,5%. La livre sterling a progressé de 6,7% à 7,4%, le yen est resté quasiment stable (7,6%), tandis que la position en dollars canadiens a été réduite (de 4,1% à 3,3%), exclusivement en raison de la baisse de valeur de cette devise. La subdivision entre les différentes devises n’étant publiée que de manière trimestrielle, les dernières données pour 2015 ne sont pas encore disponibles. Au vu de l’évolution de la valeur des placements et de celle des paires de devises respectives, il semble toutefois que la BNS ne soit guère intervenue au mois de décembre. En octobre, en revanche, des acquisitions doivent avoir eu lieu, le dollar comme l’euro ayant été en baisse par rapport au mois précédent, alors que le portefeuille de la BNS a augmenté sa valeur. Quant à la hausse de plus de 15 milliards au mois de novembre, l’appréciation du dollar US anticipant le relèvement de taux de la Fed en est en large partie responsable. Des données qui révèlent finalement que malgré la hausse considérable des placements de devises de 510,01 milliards à fin décembre 2014 à 586,97 milliards à fin novembre 2015, l’abandon du cours plancher a conduit à un allègement sensible du côté de l’euro. Le maintien du cours de ce dernier à un niveau nettement inférieur à 1,20 franc montre en outre que la poursuite de cette politique au-delà du 15 janvier aurait probablement renforcé la surpondération de l’euro au sein du portefeuille de la BNS, au lieu de permettre le rééquilibrage effectué au cours de l’année dernière.n

Christian Affolter

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