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Les moyens technologiques accélérateurs de processus

Groupe mk. La réalité augmentée permet de rendre tangible des projets non réalisés jusqu’ici bien abstraits.

Les nombreuses décisions politiques impactant le domaine de l’immobilier comptent parmi les principaux facteurs ayant rendu ce marché beaucoup plus difficile en deux années seulement. Les promoteurs doivent proposer des solutions offrant un meilleur service aux acquéreurs potentiels d’objets immobiliers tout en visant un rétablissement du rythme des affaires d’avant ces changements de paradigme.La réalité augmentée appliquée au domaine de l’immobilier représente une solution de ce type. C’est...

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Les nombreuses décisions politiques impactant le domaine de l’immobilier comptent parmi les principaux facteurs ayant rendu ce marché beaucoup plus difficile en deux années seulement. Les promoteurs doivent proposer des solutions offrant un meilleur service aux acquéreurs potentiels d’objets immobiliers tout en visant un rétablissement du rythme des affaires d’avant ces changements de paradigme.

La réalité augmentée appliquée au domaine de l’immobilier représente une solution de ce type. C’est du moins ce qu’espèrent Anthony Collé, administrateur délégué du Groupe MK, et Daniel Moser, directeur de MK Realitim Management, qui ont présenté hier sur le terrain «Vert l’horizon» à Cossonay leur nouvel outil. Il permet aux intéressés se rendant sur le site d’un projet de s’y déplacer et de regarder en même temps sur l’écran d’une tablette ou d’un smartphone (iOS ou Android) la forme qu’il prendra après sa réalisation en trois dimensions. Jusqu’ici, ces applications s’étaient heurtées à plusieurs obstacles, avec essentiellement le choix entre une énorme puissance de calcul nécessaire du côté des serveurs et, du côté de l’utilisateur, le téléchargement d’une application pour un appareil disposant d’une carte graphique puissante. Avec la solution développée par la société française Artefacto, les calculs s’effectuent tous à l’avance, les données étant ensuite transférées sur un serveur. L’appareil mobile utilisé sur place n’a ainsi que deux fonctions à assumer: l’écran permettant de visionner les objets, ainsi que la géolocalisation. Tout en rendant les séquences nettement plus fluides. Tous les étages et tous les bâtiments prévus ayant été modélisés, l’acheteur potentiel peut voir très concrètement comment se présentera «son» appartement. Par rapport à l’ancienne démarche de proposer des images fixes et quelques vidéos, cette solution offre un avantage important: elle «donne à l’utilisateur la possibilité de décider lui-même ce qu’il veut voir, et donc la meilleure information possible», a souligné Anthony Collé.

Le développement d’innovations, auquel le Groupe MK s’est montré très attaché hier, est encore plus crucial dans un marché dont les conditions se sont très sensiblement durcies. Elles peuvent faire la différence dans la concurrence entre promoteurs immobiliers et accélérer le processus à plusieurs niveaux. Tout d’abord celui de la vente: «C’est un plus qui fait grandement sens dans un marché qui se resserre. Les gens qui prenaient la décision d’acquérir un objet en quelques jours seulement n’existent plus. Mais l’un des objectifs de l’application de la réalité augmentée est de retrouver des rythmes de vente soutenus dès le lancement de la commercialisation. Les acquéreurs peuvent encore se décider rapidement, lorsque tous les éléments sont réunis», a détaillé Anthony Collé. Cette solution, que le Groupe MK est le premier à avoir acquise en Suisse, devrait ainsi également pouvoir servir dans la commercialisation d’objets dont les propriétaires ont confié la promotion à Domicim.

Une autre fonctionnalité de la solution peut intervenir encore plus en amont du processus de réalisation d’un projet. La vue aérienne détaillée de tout un quartier futur le rend «accessible aux non-professionnels des projets de développement immobilier, souvent complexes», selon les termes du communiqué. Le directeur de MK Realitim Management Daniel Moser, qui gère un véhicule d’investissement spécialisé dans le développement immobilier à partir d’un stade très précoce (en accompagnant par exemple le processus d’élaboration d’un nouveau plan général d’affectation à Cossonay, le terrain ayant été en ligne de mire depuis cinq ans environ), l’apprécie ainsi par exemple en tant qu’«outil de travail avec les pouvoirs publics. Sinon, il est trop abstrait de communiquer un projet à un grand public. Car nous acquérons des terrains dans des situations où il y a encore toute une démarche à faire.» Ses projets, plutôt à l’échelle du quartier («Vert l’horizon» comprend dans une première étape 42 appartements en PPE répartis sur trois immeubles), impliquent souvent des réaffectations de terrains constructibles qui requièrent l’approbation des autorités politiques, que ce soit de l’industriel/artisanat vers l’habitation ou une augmentation de la densité autorisée. En raison de la nouvelle Loi sur l’aménagement du territoire (LAT), l’ordonnance imposant des dispositions encore plus restrictives (malgré l’intervention du Conseil d’Etat vaudois, et notamment Jacqueline de Quattro, à Berne), les terrains intermédiaires sont en revanche considérés trop risqués en ce moment. Sur une centaine de dossiers, Realitim en a ainsi concrétisé sept, ces quartiers représentant 200-250 appartements.n

Christian Affolter

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