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L’alternative à la pince de Pozzi

Aspivix. La start-up lausannoise développe un instrument pour les actes médicaux les plus courants en gynécologie.

Une start-up lausannoise recherche des investisseurs pour lancer un instrument gynécologique offrant une alternative sans danger pour les actes médicaux les plus courants. Le marché est estimé à 400 millions de francs par an, avec une demande chinoise potentiellement élevée.Les gynécologues pourraient bientôt disposer d’une alternative pour la pince de Pozzi, l’un des instruments qu’ils utilisent le plus, mais qui a l’inconvénient de provoquer douleurs et blessures. L’instrument breveté par l...

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Une start-up lausannoise recherche des investisseurs pour lancer un instrument gynécologique offrant une alternative sans danger pour les actes médicaux les plus courants. Le marché est estimé à 400 millions de francs par an, avec une demande chinoise potentiellement élevée.

Les gynécologues pourraient bientôt disposer d’une alternative pour la pince de Pozzi, l’un des instruments qu’ils utilisent le plus, mais qui a l’inconvénient de provoquer douleurs et blessures. L’instrument breveté par la start-up lausannoise Aspivix veut apporter davantage de confort et de sécurité à quelque 65 millions de patientes dans le monde chaque année.

«Pour insérer un stérilet, ou pour un certain nombre d’autres interventions gynécologiques, explique David Finci, l’un des concepteurs de l’outil et par ailleurs gynécologue à Genève, les femmes devraient avoir la possibilité de bénéficier d’un instrument respectueux de leur bien-être, un instrument qui ne risque pas de les blesser. Aspivix ne provoque ni la sensation de froid, ni le risque de lacération engendrés par la pince de Pozzi en acier aujourd’hui utilisée par les praticiens».

Aspivix épouse la forme anatomique du col de l’utérus avec son embout applicateur. La saisie ferme du col est assurée par un effet ventouse, en libérant une réserve de vide. Il est de facto non invasif et moins stressant pour la patiente que la pince de Pozzi, tout en ne nécessitant pas d’effectuer une anésthésie. La procédure est donc plus rapide, moins onéreuse et moins dangereuse. L’instrument étant à usage unique, le risque de transmissions de maladies infectieuses entre patientes disparaît.

L’invention est née entre Genève et Lausanne, de la collaboration entre cet ancien chef de clinique, son frère Julien ingénieur EPFL en micro technique, actif dans l’industrie médicale de haute précision, et un expert en stratégie et marketing du secteur de la santé, Mathieu Horras.

Le marché pour le nouvel instrument (prix grand public d’environ 7 francs) est considérable. «Chaque année dans le monde, la dépense liée à la pince de Pozzi se monte à près de 400 millions de francs, dont 70 millions rien que pour la pose de stérilets, qui concerne 33 millions de femmes par an, précise Mathieu Horras, qui occupe la fonction de CEO d’Aspivix. Si l’on considère qu’un stérilet doit être renouvelé tous les cinq ans, cela signifie donc des revenus récurrents. Dans ce contexte, il est facile de comprendre les retombées financières auxquelles Aspivix peut prétendre».

La Chine est le plus grand consommateur de stérilets au monde. Le programme de contrôle des naissances qui, même s’il est terminé, a montré que le stérilet était une méthode de contraception des plus fiables et son utilisation perdure. Toujours en Chine, 40% des femmes en âge de porter un enfant, soit près de 110 millions d’individus l’utilisent. Très utilisé aussi dans le reste de l’Asie, ce contraceptif connaît des taux de croissance à deux chiffres dans certains pays occidentaux, notamment sous l’effet des récents scandales touchant la pilule contraceptive de dernière génération.

En Suisse, Aspivix a été identifiée comme une société innovante à fort potentiel par la Swiss Commission for Technology and Innovation (CTI) - l’agence pour la promotion de l’innovation de la Confédération. Pour que son instrument soit distribué à grande échelle, la société lausannoise travaille à une levée d’actifs afin de lancer les prototypes industriels, d’initier l’évaluation clinique, d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché, à commencer par l’Europe.

Alexandre Beauregard

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