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La pratique très courante des compléments salariaux

Les fringe benefits sont plus fréquents selon la taille de l’entreprise. Selon une étude mandatée par la CVCI.

Les compléments salariaux sont une pratique courante au sein des entreprises de plus de 250 employés (93%). Dans les sociétés comptant entre cinq à dix salariés, cette proportion est de 60%. Ce constat résulte de l’enquête menée par la société @lgorithmes sur mandat et auprès des membres de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI). Coordinateur de l’enquête et responsable du service juridique, Mathieu Piguet souligne la volonté de faire un état des lieux sur les compléments sa...

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Les compléments salariaux sont une pratique courante au sein des entreprises de plus de 250 employés (93%). Dans les sociétés comptant entre cinq à dix salariés, cette proportion est de 60%. Ce constat résulte de l’enquête menée par la société @lgorithmes sur mandat et auprès des membres de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI). Coordinateur de l’enquête et responsable du service juridique, Mathieu Piguet souligne la volonté de faire un état des lieux sur les compléments salariaux ou fringe benefits. «Il était nécessaire de se faire une idée sur ces pratiques dans un but de renseignement. Nous sommes en état d’informer les structures domestiques et les sociétés étrangères sur les différentes formes et modalités en termes de compléments salariaux.» Dans cette optique, Mathieu Piguet réfute l’idée d’une étude menée dans un but incitatif: «Le but est d’établir un benchmark.»

Les formats les plus fréquents de ces compléments salariaux sont la mise à disposition de places de parc pour les voitures, la fourniture d’un véhicule de fonction, des jours de vacances supérieurs au minimum légal ou encore, au quotidien, des boissons et fruits frais. A côté des prestations en nature, les employeurs accordent également des prestations financières additionnelles, comme le versement de la totalité du salaire en cas de maladie, avec un système APG maladie.

Et pratiquement un employeur sur deux a mis en place un plan de prévoyance professionnelle qui dépasse les prescriptions de base.

Certains compléments salariaux ou fringe benefits sont, comme le rapporte l’étude sans surprise, liés à la fonction et à la position hiérarchique des collaborateurs, comme les frais forfaitaires de représentation ou la voiture de fonction à usage privé. La mise à disposition de places de parc est en revanche équitablement distribuée entre cadres, directeurs et employés, tout comme les APG maladie ou la participation aux abonnements de transports publics.

L’étude montre également que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à mettre en place des possibilités de flexibiliser le travail. Plus de 60% des entreprises qui ont participé à l’enquête pratiquent le télétravail, pour au moins une partie de leurs collaborateurs, souvent les cadres. Comme pour les compléments salariaux, la tendance à proposer ce type d’aménagement du travail augmente avec la grandeur des sociétés: 69% des entreprises de plus de 250 collaborateurs offrent l’opportunité de pratiquer le travail à distance, ce taux étant de 41,2% dans les sociétés occupant entre 5 et 10 personnes.

Sur le front de la formation professionnelle enfin, le sondage fait ressortir que près de quatre entreprises sur cinq ont une stratégie dans ce domaine. La corrélation entre la taille de l’entreprise et l’offre en matière de formation se maintient. En revanche, contrairement au télétravail, la stratégie de formation professionnelle s’oriente légèrement davantage en faveur des employés que des cadres et directeurs.

Les entreprises n’accordent pas toutes des compléments salariaux en raison principalement de questions financières et afin de ne pas favoriser certains collaborateurs, notamment dans les plus petites structures. Selon Mathieu Piguet, le département des ressources humaines n’ pas forcément le temps de mener une politique de benefits fringe. A l’inverse, les compléments salariaux sont accordés dans un but d’optimisation des conditions de travail, d’amélioration de la productivité ainsi que dans une optique concurrentielle. «En proposant des conditions de travail appréciable et des compléments de travail, un collaborateur serait davantage enclin à rester dans son entreprise.»

L’enquête a été réalisée en juin 2014 et a porté sur 1674 entreprises membres de la CVCI. Près du tiers des entreprises est issu du secteur de l’industrie et de l’artisanat, viennent ensuite les sociétés de conseil, de construction et de distribution. Quelque 41% des réponses proviennent de sociétés comptant entre onze à cinquante personnes. «Il serait intéressant de mener une nouvelle enquête dans quelques années, notamment au niveau du télétravail, conclut Mathieu Piguet. Nous pourrions ainsi voir l’évolution des fringe benefits.»n

Tiago Pires

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