Adecco va racheter Akka Technologies, valorisée à 2 milliards d'euros

Le spécialiste du recrutement Adecco annonce une prise de participation majoritaire au sein de la société française Akka Technologies. Le titre finit en chute de 7,9%.

Keystone
La finalisation de la transaction est escomptée au premier semestre 2022.

Adecco s'est relevé du choc pandémique et a annoncé la reprise du français Akka Technologies. L'entreprise, valorisée à 2 milliards d'euros (2,2 milliards de francs), est spécialisée dans le conseil technologique aux entreprises. L'acquisition permettra au spécialiste suisse des ressources humaines de se renforcer dans un marché en forte croissance.

Un accord a été conclu avec Ricci Family Group et Swilux pour reprendre leurs parts au sein d'Akka, qui détiennent ensemble 60% du capital et 68% des droits de vote, ce qui donnerait à Adecco une participation majoritaire au sein de la société.

Des synergies de chiffre d'affaires de plus de 200 millions d'euros et des synergies de coûts de 65 millions d'euros ont été identifiées. L'acquisition aura un impact bénéfique sur les marges dès la première année, espère Adecco.

La transaction sera financée principalement par de nouvelles obligations senior pour environ un milliard d'euros, des emprunts hybrides de 500 millions et le placement de nouvelles actions ordinaires pour lever un montant brut de 350 millions.

Akka Technologies, dont le siège social est en Belgique, emploie 7500 collaborateurs et propose à ses clients des conseils technologiques dans divers secteurs, où la transaction numérique oblige les entreprises à innover en continu. "De nos jours, 5% des activités de développement de produits sont confiées à des prestataires externes". Le marché connaît une croissance annuelle de 6 à 8%, en particulier grâce à la transition numérique, a indiqué le directeur général d'Adecco, Alain Dehaze, dans une interview à AWP.

Akka a été durement touchée par les conséquences de la pandémie de coronavirus et a annoncé fin 2020 le licenciement de plusieurs centaines de collaborateurs, principalement dans la région Occitanie, le secteur aéronautique ayant particulièrement souffert de la crise.

A la Bourse suisse, le titre Adecco a fini en chute de 7,9% à 56,60 francs, lanterne rouge d'un SMI en hausse de 0,43%

La société d'origine française sera intégrée à la division Modis d'Adecco. Ensemble, elles réaliseront des recettes de 3,7 milliards. La nouvelle entité a l'ambition de devenir le deuxième leader sur le marché de la recherche et développement en ingénierie. "Nous avons 100'000 clients et tous doivent s'adapter à la transition numérique", a insisté M. Dehaze.

Akka complètera l'expertise de la division Modis, dans la mesure où ses compétences sont différentes. "Akka s'oriente plutôt sur l'ingénierie, alors que Modis se concentre sur l'informatique", a indiqué M. Dehaze. "Cela donne une bonne complémentarité" et créé des synergies intéressantes. La part de la technologie dans le chiffre d'affaires passera avec Akka à 17%, au lieu des 11% actuellement.

La division Modis propose différents services de conseil, de recrutement et de formation dans le secteur technologique pour accompagner les entreprises dans leur transformation numérique.

La finalisation de la transaction est escomptée au premier semestre 2022, sous réserve de l'approbation des autorités réglementaires.

Lanterne rouge du SLI

Adecco a parallèlement dévoilé de solides résultats au deuxième trimestre, aussi bien au niveau des recettes que de la rentabilité (voir ci-dessous).

Concernant le programme de rachat d'actions de 600 millions d'euros lancé début avril, il a été mis sur pause.

A la Bourse suisse, le titre Adecco a fini en chute de 7,9% à 56,60 francs, lanterne rouge d'un SMI en hausse de 0,43%.

Les courtiers expliquent la réaction négative du marché par le financement de la transaction via des obligations hybrides notamment, l'arrêt du programme de rachat d'actions et les risques généraux liés à l'exécution de la transaction. (awp)

Adecco se relève du choc pandémique

Adecco a vu ses revenus fortement progresser au deuxième trimestre. Le spécialiste du travail temporaire a également amélioré sa rentabilité, a-t-il indiqué mercredi. Il n'a toutefois pas encore retrouvé ses niveaux d'avant le choc pandémique et annonce la reprise du français Akka Technologies.

Le chiffre d'affaires a progressé à 5,26 milliards d'euros (5,7 milliards de francs), contre 4,18 milliards un an plus tôt. La croissance organique a progressé de 29%, contre un repli de 28% un an plus tôt.

L'Ebitda ajusté s'est inscrit à 237 millions d'euros, contre 75 millions d'euros à la même période en 2020. La marge afférente s'est nettement améliorée à 4,5%, contre 1,8% un a plus tôt. Le bénéfice net a atteint 145 millions, contre 21 millions au deuxième trimestre 2020.

Les revenus restent toujours inférieurs de 5% à leur niveau d'avant-crise, a commenté le directeur général (CEO) Alain Dehaze, cité dans le communiqué. La société a néanmoins amélioré ses marges. "Prudemment optimiste", le directeur s'est dit confiant de voir la reprise se poursuivre au cours des prochains trimestres. (awp)

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