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Voter et s’engager: d’incontournables leviers pour faire évoluer les entreprises

Par Ariane Dehn

Les activités de vote et d’engagement avec les émetteurs contribuent à faire évoluer les pratiques vers une approche plus durable, néanmoins la transparence des données extra financières reste un enjeu.

Les gestionnaires d’actifs et les grands investisseurs institutionnels ont plusieurs possibilités pour soutenir l’évolution de l’économie mondiale vers un modèle plus durable. Parmi celles-ci figurent des activités telles que l’intégration des critères ESG (environnement, social, gouvernance) dans les décisions d’investissement et la promotion d’une économie à faible émission de carbone, durable sur le plan environnemental et inclusive.

Un autre outil puissant pour influencer les pratiques des entreprises est l’l’engagement, qui comprend le vote en assemblées générales et, le dialogue actionnarial avec les entreprises en portefeuille et les initiatives auprès des pouvoirs publics. Ensemble, ces activités d’engagement constituent des leviers influents pour toute société de gestion d’actifs souhaitant promouvoir l’investissement durable.

En exerçant ses droits de vote pour le compte de ses clients, la société de gestion d’actifs peut gérer les risques à court et à long terme, accroître ses connaissances et sa compréhension en tant qu’investisseur, ainsi que créer des externalités positives. En complément, la mise en place d’un dialogue régulier avec les sociétés est un élément clé de la stratégie d’engagement.

Grâce à un dialogue continu avec les équipes de direction des entreprises sur des questions telles que la transition énergétique, la protection de l’environnement, l’égalité et la croissance inclusive, la société de gestion d’actifs peut exprimer ses attentes et celles de ses clients. C’est notamment le cas avec l’accompagnement des entreprises dans l’alignement leurs efforts aux objectifs de l’Accord de Paris pour encourager la transition économique vers une trajectoire de 1,5°C.

Les politiques de vote lors des assemblées générales d’actionnaires peuvent ainsi soutenir des stratégies d’entreprises en faveur du climat, ou de la diversité et l’inclusion, en encourageant par exemple l’augmentation du nombre de femmes dans les conseils d’administration et les initiatives de rémunération et d’égalité salariale.

Les récentes positions prises par les pouvoirs publics et les régulateurs contribuent à accélérer la transition vers une finance durable et plus standardisée. Les sociétés de gestion d’actifs et les grands investisseurs institutionnels collaborent avec les régulateurs nationaux et internationaux dans le cadre d’un effort collectif, visant à contribuer à la définition d’un cadre réglementaire renforcé.

Le plus grand défi pour l’ensemble du secteur financier en matière d’investissement durable est celui des données. L’amélioration de la qualité et de l’accès aux données environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises est essentielle aux décisions d’investissement. Il est également nécessaire d’accroître la transparence, d’uniformiser les indicateurs et les mesures afin de pouvoir développer des rapports plus précis sur les impacts sociaux et environnementaux.

Dans le domaine des risques climatiques, par exemple, des informations précises et comparables sur les émissions de carbone des entreprises sont une condition préalable essentielle pour orienter les capitaux vers les entreprises gagnantes de demain. Toutes les sociétés de gestion d’actifs devraient soutenir la mise en œuvre des recommandations du groupe de travail sur les informations financières liées au climat (TCFD - Task Force on Climate related Financial Disclosure), qui exige une publication transparente et harmonisée des données climatiques des entreprises.

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Ariane Dehn

BNPP AM Country Head Switzerland