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Une charte pour cadrer les modalités du télétravail

Le travail à domicile s’est imposé pendant la pandémie de Covid-19. Il constitue un énorme défi pour les entreprises, que ce soit en termes d’organisation, de communication et de sécurité informatique. Une vraie réflexion s’impose sur ce phénomène appelé à durer. Le télétravail a plus que jamais le vent en poupe. Un sondage publié ce printemps a montré que ce mode de fonctionnement a connu un essor et un succès considérables pendant le semi-confinement en Suisse. La grande majorité de celles et ceux qui l’ont pratiqué en redemandent d’ailleurs. Les résultats de notre enquête conjoncturelle d’automne vont dans le même sens, avec quelques nuances. Pour les collaborateurs, le travail à distance offre certains avantages, comme la réduction du stress lié aux déplacements (pour 66% des sondés), un meilleur équilibre entre vie privée et professionnelle, ainsi qu’une augmentation de la satisfaction (59%). L’état de nécessité Au début de novembre, le gouvernement vaudois a durci les mesures anti-Covid en décrétant l’état de nécessité, imposant dans la foulée le télétravail «partout où cela est possible, dans les administrations publiques comme dans les entreprises privées». Pour le monde de l’économie, en particulier, le défi est considérable, car les entrepreneurs ont joué le jeu dans leur immense majorité en instaurant, pendant la première vague de la pandémie, un respect strict des gestes barrières et des plans de protection rigoureux afin de poursuivre les activités sur site. Se plier aux injonctions étatiques ne va pas sans difficultés, d’autant plus que le caractère «possible» du travail à domicile peut être appréhendé de différentes manières. Il ne s’agit pas que d’une question de matériel informatique: il doit notamment être techniquement réalisable, ne pas nécessiter d’investissements démesurés et ne pas entraver la bonne marche de l’entreprise. Le télétravail n’est ainsi pas exempt d’inconvénients. Notre enquête conjoncturelle montre d’ailleurs que ce dernier occasionne de nombreuses difficultés aux sociétés, comme la communication avec les employés (51%), la protection des données et la cybersécurité (42%), ainsi que le contrôle du respect des horaires de travail (30%). La mise en place de l’infrastructure nécessaire constitue également un challenge pour un tiers des entreprises sondées. Il complique singulièrement l’organisation et la gestion de l’entreprise. L’exécution des tâches et le suivi des projets nécessitent de déployer beaucoup d’énergie dans un contexte déjà complexe. De plus, l’absence de «vrais» contacts ne contribue pas à renforcer l’esprit d’équipe. Le travail à distance est aussi un challenge pour les collaborateurs: il implique de garder un rythme, de trouver une routine, d’organiser un espace de travail, de s’aérer et de bouger. Il est évidemment inconcevable de renoncer au télétravail, car la pandémie a mis en route un mouvement irréversible. Dans ces conditions, il me paraît toutefois indispensable de porter une vraie réflexion sur ce phénomène appelé à durer. Les entreprises devraient établir une charte pour en cadrer les modalités. Les organisations économiques de Suisse romande, dont la CVCI, ont d’ailleurs élaboré une «Convention de télétravail» qui constitue un modèle, adaptable en fonction des spécificités des entreprises. A chacune d’entre elles de mettre en place le système qu’elle jugera approprié. * Directrice, Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie

Claudine Amstein

Directrice Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie

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