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Un dynamisme qu'il faudra entretenir

En quinze ans, le PIB vaudois a progressé de 41,9%, ou 2,4% par an en moyenne. Par Claudine Amstein

Keystone

La nouvelle étude «De la crise des subprimes à celle du Covid, le miracle vaudois», cosignée par la CVCI, en atteste: la résilience de l'économie vaudoise ne se dément pas en dépit des nombreuses crises mondiales qui se sont succédé depuis 2005. Ainsi, en quinze ans, le PIB vaudois a progressé de 41,9%, ou 2,4% par an en moyenne. Quant à l’emploi, il a augmenté de 31% entre 2005 et 2020, ou 1,8% en moyenne annuelle. Les taux de croissance affichés sont notablement plus élevés que ceux de l’ensemble de la Suisse et de nombreux pays industrialisés.

En 2016 déjà, notre étude «Vaud - Le tigre discret» relevait que l’économie du Canton avait su se montrer robuste grâce à la diversité de son tissu industriel et le développement d’activités à haute valeur ajoutée. Cinq ans ont passé et le canton de Vaud n’a guère connu de répit, comme on l'a vu avec la crise sanitaire. Là encore, si la conjoncture a parfois fléchi et que certains secteurs ont pâti de la situation, les principaux indicateurs conjoncturels sont globalement restés dans le vert. Le recours massif au chômage partiel a notamment permis d’éviter une montée du nombre de sans-emploi. 

Les locomotives de cette croissance continue depuis quinze ans sont la chimie-pharma, dont la valeur ajoutée a été multipliée par 6, et l’emploi par 1,9 dans le canton, et le secteur tertiaire, qui a contribué à hauteur de trois quarts à la hausse du PIB sur cette période. Les autres domaines de l’industrie manufacturière ont évolué de manière diverse. Si la production de denrées alimentaires a vu son empreinte dans l’économie cantonale grandir, l’industrie des machines et la fabrication d’instruments de précision ont dû, en revanche, faire face à des soubresauts ces dernières années.

La vitalité de l'économie vaudoise n'est toutefois pas gravée dans le marbre.

Dans le même temps, les emplois publics et parapublics ont connu une hausse pour le moins substantielle. Cette évolution doit nous alerter, car personne ne peut prédire si l'Etat disposera des moyens de tenir ce cap pour le moins aléatoire. Aussi devrait-il, à notre sens, faire preuve d'une circonspection certaine à l'heure d'envisager de nouveaux engagements.

La vitalité de l'économie vaudoise n'est toutefois pas gravée dans le marbre. Le maintien de sa compétitivité dépendra d'une fiscalité attractive, de la relance du dialogue avec l'Union européenne, de la pérennisation de la place industrielle et du maintien d'un accès facilité à la main-d'œuvre qualifiée et non qualifiée. 

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Claudine Amstein

Directrice Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie