Article contributeur

Sauver les médias?

La variété de la presse, papier ou numérique, et des radios et télévisions garantit la stabilité du pays par la diffusion d’une information crédible parce que véridique. Par Jacques Neirynck

Keystone
«Cette votation surgit parce que la publicité, qui procurait une large part des ressources des médias, s’oriente de plus en plus vers les grandes plateformes internet internationales, les GAFA.»

Nous votons jusqu’au 13 février pour le soutien éventuel de la Confédération aux médias. Les sondages se présentent mal, la loi votée à une large majorité par les deux Chambres risque d’être désavouée par le peuple. L’argument essentiel des opposants est le danger de mise sous contrôle par l’Etat. Il semblerait à première vue que ce risque serait réel: qui paie n’est-il pas le maître!

Cette votation surgit parce que la publicité, qui procurait une large part des ressources des médias, s’oriente de plus en plus vers les grandes plateformes internet internationales, les GAFA. En vingt ans la presse a été réduite au quart de son apport publicitaire et 70 titres suisses ont disparu à commencer par Le Matin et L’Hebdo pour la Suisse romande. En clair, il y a perte de la souveraineté nationale dans le secteur de l’information parce que la publicité va tout naturellement là où elle rapporte le plus.

La crainte de voir la Confédération dicter le contenu éditorial n’est qu’un épouvantail vainement agité par les opposants à la version projetée des lois par Berne.
Jacques Neirynck

Par ailleurs les vecteurs professionnels de l’information alimentés par des journalistes suisses sont de plus en plus concurrencés par des réseaux sociaux qui diffusent à longueur d’année les pires fakes news, c’est-à-dire de la désinformation pure et simple. Ce qui est écrit sur internet devient plus crédible que ce qui est imprimé sur un journal papier suisse. On ne sait plus ce qui est vrai ou faux.

La presse fut indirectement subsidiée par les pouvoirs publics déjà en 1849. Elle l’est pour l’instant par le soutien financier à la distribution des journaux par La Poste selon un tarif dégressif qui avantage les petits et moyens médias. Ce mécanisme ne peut en rien influencer le contenu éditorial. La crainte de voir la Confédération dicter celui-ci n’est donc qu’un épouvantail vainement agité par les opposants à la version projetée des lois par Berne.

Si les médias diffusaient une propagande étatique comme c’est le cas des dictatures, la population s’en détournerait. Pendant la seconde guerre mondiale, ceux de la zone occupée par l’armée allemande furent contrôlés par la censure nazie. Cette propagande n’eut pas l’effet souhaité et ne convainquit pas les populations de se ranger du côté de l’Allemagne. La variété des médias suisses, presse papier ou numérique, radios et télévisions garantit la stabilité du pays par la diffusion d’une information crédible parce que véridique. La Confédération a donc le droit et le devoir d’éviter sa disparition.

«L'Agefi» a publié une série de textes d'opinion sur cette votation signés par des responsables de journaux.

Commentaires

Jacques Neirynck

Ancien conseiller national

Les articles suivants pourraient aussi vous intéresser