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L’été arrive et les voyageurs reprennent leur envol

Il existe cependant toujours un degré élevé de volatilité et d'incertitude. Par Marie Owens Thomsen

Keystone
«Les passagers ont réagi en réduisant le délai entre la réservation du billet et la date de départ.»

Depuis le début de la crise du Covid, le trafic aérien évolue en fonction notamment des restrictions sur les voyages qu’imposent les pays de par le monde. Etant donné que les restrictions les plus sévères ont souvent été appliquées sur le trafic international, les voyages à l’intérieur des pays ont dominé l’activité depuis mars 2020.

Certaines régions géographiques sont encore limitées à ce titre, ainsi qu’en raison de la guerre en Europe. Pourtant, les voyages à l’étranger font leur grand retour et ont même dépassé les achats de billets domestique pendant quelques jours au cours du mois de mai. Actuellement, les ventes de billets internationaux et nationaux se situent respectivement à 66% et 72% des niveaux de 2019.

Cependant, il existe toujours un degré élevé de volatilité et d'incertitude dans notre environnement économique et sanitaire. Le problème de fond qui alimente l’incertitude persistante et élevée au niveau du trafic aérien est que les gouvernements ont pris l’habitude de changer leurs politiques de manière unilatérale – sans consultation, ni preuves scientifiques ou de manière qui fasse du sens sur le long terme.

Il reste alors difficile pour toute la chaîne de valeur dans l’aviation – des fabricants et aéroports, aux passagers, en passant par les compagnies aériennes – de savoir s’il y aura à nouveaux des variants du Covid qui pourraient provoquer des quarantaines, si les exigences de tests changeront, et quelles autres évolutions pourraient potentiellement rendre les voyages impossibles. Tous, les équipages de bord ainsi que tout le personnel concerné et les passagers, ne sont pas à l’abri de tomber malade.

Des goulots d’étranglement persistent du côté de certains aéroports et également de la part de l’administration
Marie Owens Thomsen

Tout cela contribue aux difficultés du redémarrage du trafic aérien après deux ans de moratoire. Malgré ces défis, les compagnies aériennes ont anticipé la forte augmentation de la demande, et elles ont pris la décision de remettre une grande partie de leurs flottes en service et de recruter du personnel. Ceci s’anticipe: il faut souvent 120 heures pour remettre un avion en service suite à une période de stockage et le personnel doit suivre des formations, recevoir des approbations, et renouveler des certifications. Par contre, des goulots d’étranglement persistent du côté de certains aéroports et également de la part de l’administration, concernant le personnel de sécurité, par exemple, expliquant en partie la manque de capacité actuelle qui se manifeste de manière ponctuelle.

Les passagers ont réagi à tout cela en réduisant le délai entre la réservation du billet et la date de départ. En avril et mai, environ 96% des réservations nationales et 93% des réservations internationales concernaient des voyages à effectuer dans les 6 semaines à venir ou des voyages d'été. Seulement 8% des réservations internationales et 4% des réservations nationales concernaient des vols avec une date de départ au-delà de septembre.

Par le passé, les voyageurs réservaient leur billet pour les vols internationaux plutôt avec 4 à 8 mois d’avance. Cette nouvelle tendance de réservation raccourcit donc l’horizon sur lequel les toute la chaîne de valeur de l’aviation peut avoir une certaine visibilité de la demande à satisfaire. Pour y voir plus clair, dans l’intérêt de tous, il faut que les gouvernements travaillent main dans la main avec les parties prenantes du secteur afin de trouver des solutions adéquates.

Malgré ces difficultés, les compagnies aériennes sont par nature très à même de s’adapter aux changements car ces derniers font partie inhérente de l’industrie et feront tout leur possible pour assurer un service sur et de qualité aux passagers du monde entier.

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Marie Owens Thomsen

Iata Economiste en chef