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Les grandes tendances dans les cycles macroéconomiques

Par Marie Owens Thomsen

Keystone
La crise de 1929 aux Etats-Unis.

Le Bureau national de recherche économique (NBER), responsable de l’identification des récessions et des expansions de l’économie américaine a certifié que le mois d’avril 2020 marquait le creux de l’activité économique, suivant le pic atteint en février 2020. La récession de 2020 a donc duré seulement deux mois et s’impose comme la plus courte de l’histoire américaine, remplaçant celle de 1980 de six mois. 

La plus longue récession a commencé en 1873 et a duré 65 mois. Cette dernière était nommée La Grande Récession jusqu’à ce que celle de 1929 hérite de ce surnom (malgré sa durée moindre de 43 mois). 

Il est intéressant de noter que la durée moyenne des contractions économiques depuis 1857 est de 17 mois, tandis que les expansions durent en moyenne plus de 41 mois. Curieusement, le mot contraction obtient le rang 1317 selon Word Frequency Data qui compte l’utilisation des mots en anglais, alors qu’expansion n’arrive qu’en 2964 place («the» étant le mot le plus utilisé). Cela est potentiellement un exemple de biais d’analyse où l’impact émotionnel d’un évènement nous fait souvent exagérer son importance. 

Il est donc réjouissant de constater que les récessions se raccourcissent tandis que les expansions se prolongent.

En divisant l’échantillon des récessions et des expansions entre les périodes d’avant et d’après-guerre, il peut être souligné que la durée moyenne des récessions s’est raccourcie: passant de 19,4 mois à 10,3 mois. Néanmoins, les expansions se sont rallongées davantage: passant de 24,2 mois à 64,2 mois. La différence est encore plus marquée depuis 1960 quand la moyenne des récessions était à 10,6 mois contre des expansions d’une durée de 72,1 mois. 

Il est donc réjouissant de constater que les récessions se raccourcissent tandis que les expansions se prolongent. Dans ce contexte, nous remarquons que le secteur des services domine celui du manufacturier aux Etats-Unis depuis la fin des années 1950. Ce fait est important, le secteur des services ayant expérimenté moins de récessions depuis la Seconde guerre mondiale que celui du manufacturier, et moins de pertes d’emplois également.

La récession de 2020 est atypique, ayant impactée très sévèrement le secteur des services. Entre mars et avril 2020, le secteur manufacturier a perdu 1,3 millions d’emplois, plus de 10% du total des emplois du secteur.

Dans le secteur des services, près de 22 millions d’emplois disparaissaient, soit 15,5% des emplois du secteur. Il reste à espérer que la récession de 2020 ne marque pas une nouvelle tendance dans les cycles macroéconomiques. 

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Marie Owens Thomsen

Lombard Odier Head of global trends and sustainability

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