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L’égalité des genres, un atout pour l’industrie financière

Les entreprises affichant un équilibre des genres au sein de leurs équipes de gestion ont de meilleures chances d’être plus profitables et sont capables de plus d’innovation. Par Tim Radjy.

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La Journée internationale des droits des femmes a été célébrée le 8 mars dernier avec le son de cloche de 104 places boursières. L’égalité des genres est la cible de l’Objectif de développement durable 5, mais on est encore loin du compte: 49 pays ne disposent toujours pas de lois protégeant les femmes contre la violence domestique. Près de 60% des femmes travaillent dans le secteur informel, et en 2020 leur emploi s’est avéré 1,8 fois plus vulnérable que celui des hommes selon McKinsey, alors que seuls 23% des mesures de 85 pays contre la pandémie ont cherché à renforcer la sécurité économique des femmes selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Les Nations Unies relèvent également que seuls 25% des députés parlementaires mondiaux sont des femmes, et seuls 22 pays et 7,4% des entreprises Fortune 500 sont menées par des femmes.

«Il y a une inégalité des genres en matière de travail et de salaire, la contribution des femmes est sous-évaluée. Elles n’ont pas un accès équitable aux opportunités, au capital, à la formation et à la technologie. Avancer l’ODD 5, c’est aussi avancer les ODD liés à la pauvreté, la faim, l’éducation, la santé et le changement climatique» déclarait récemment la philanthrope Dona Bertarelli. L’association suisse des femmes dans la finance durable (WISF) souligne que l’offre de services et produits à valeur ajoutée pour les détentrices de capital est quasiment inexistante en Suisse, alors que le Dr Stephania Bonilla-Feret de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) suggère que «promouvoir et normaliser l’ODD5 est essentiel pour la Suisse en tant que place financière et centre international.»

Phenix Capital relève le succès de l’optique de genres dans l’industrie financière globale avec une croissance de 25% par an depuis 2015. Le segment compte aujourd’hui 198 fonds dotés d’actifs valant 16.7 milliards d’euros. Les entreprises affichant un équilibre des genres au sein de leurs équipes de gestion ont de meilleures chances d’être plus profitables, selon McKinsey, et sont capables de plus d’innovation selon l’OCDE. Ce qui porte des gérants suisses comme UniGestion ou UBS à augmenter la représentation des femmes au sein de leur équipe dirigeante à 30%. UBS a d’ailleurs obtenu le certificat de la Fondation Equal Salary en Suisse et à l’étranger et levé 552 millions de dollars depuis décembre 2017 avec l’ETF Global Gender Equality basée sur un index Equileap.

Lancement de l’Initiative suisse pour l’Optique de genre

Le 8 mars 2021, Sustainable Finance Geneva a lancé l’Initiative suisse pour l’Optique de genre, ou GLIS en anglais, afin de renforcer la contribution de la Suisse à l’ODD 5 d’ici à 2030 par la recherche, des standards d’industrie, l’innovation financière et les partenariats. Le GLIS jouit du soutien d’institutions de premier plan comme le GIIN, le GSG, SSF, l’ASB, UBS, la SDC, et Swiss Philanthropy Foundation, et tiendra ses premières conférences en ligne les 21 et 29 avril à 15 heures CET.

*Une chronique de la Communauté Building Bridges préparée avec le soutien de Sustainable Finance Geneva et du Groupe AlphaMundi.

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Tim Radjy

AlphaMundi Managing partner

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