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Le WEF apporte beaucoup à la Suisse

SWITZERLAND INC. Espérons que la réunion annuelle du Forum économique mondial, repoussée à cet été, aura bien lieu à Davos et non à l'étranger, tant le pays tout entier en profite. Par Philippe D. Monnier

Keystone
En janvier 2018, sur les 75 demandes de rencontres bilatérales avec Donald Trump, seulement cinq pays - dont la Suisse - avaient vu leur demande acceptée.

La prochaine réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), prévue à Davos en janvier, a une nouvelle fois été reportée. Les participants seront néanmoins conviés à une série de sessions en ligne sur l'état du monde et «l'élaboration de solutions aux défis les plus pressants de la planète».

Comme tous les événements à succès, le WEF ne manque ni de fans ni de détracteurs. Ces derniers sont sans doute de moins en moins nombreux car cette organisation internationale convie non seulement des grands chefs d’entreprise et des leaders politiques mais également moult stakeholders: leaders religieux, syndicalistes, écologistes, représentants de la jeune génération, etc. En outre, le WEF organise non seulement des réunions mais édite des rapports d’experts, gère des communautés et mène à bien des projets: ces initiatives sont souvent motivées par une forte fibre sociale et écologiste.

J’espère que la prochaine réunion annuelle en présentiel, actuellement prévue au début de l’été 2022 à Davos, aura bien lieu dans notre pays, car les avantages pour la Suisse sont souvent sous-estimés. Par exemple, le WEF renforce la réputation de la Suisse en tant que plate-forme mondiale et cela a certainement eu une influence sur le choix de Genève pour le récent sommet russo-américain.

A Davos, les conseillers fédéraux jouissent d’un accès privilégié aux leaders mondiaux.
Philippe D. Monnier

De plus, sur les 3000 participants invités aux réunions davosiennes, près de 200 sont basés en Suisse. Il est vrai que parmi la centaine de «Strategic Partners» du WEF, une dizaine sont des conglomérats suisses (Les «Strategic Partners» sont les entreprises qui contribuent le plus au forum, notamment avec des cotisations annuelles d’environ 600.000 francs).

A Davos, les conseillers fédéraux ont non seulement l’opportunité de traiter de dossiers brûlants (par exemple celui de l'Union européenne) mais ils jouissent également d’un accès privilégié aux leaders mondiaux. L’ambassadeur des Etats-Unis en Suisse m’avait d’ailleurs confié que sur les 75 demandes de rencontres bilatérales avec Donald Trump, seulement cinq pays - dont la Suisse - avaient vu leur demande acceptée. Et, lors d’un dîner privé avec quinze chefs d’entreprises, l’ancien locataire de la Maison Blanche avait convié les leaders de trois conglomérats suisses.

Finalement, lorsque mon rôle était d’attirer des entreprises internationales en Suisse occidentale, le fait d’être issu du pays hôte a énormément facilité mes accès aux dirigeants des entreprises ciblées. 

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Philippe D. Monnier

Entrepreneur et administrateur