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Le déferlement des vagues de chaleur océaniques

Par Marie Owens Thomsen

Keystone
"La chaleur absorbée par les océans se déplace sur terre mais ne disparaît pas."

La Journée mondiale de l’océan est célébrée chaque année le 8 juin. Cette année, l’évènement s’inscrit dans la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable, de 2021 à 2030.

L’océan occupe une place primordiale dans la vie, et la survie, de tous. Il produit au moins 50% de l’oxygène dont nous avons besoin. Environ 40 millions de personnes seront employées par des industries dépendantes des océans d'ici à 2030.

En outre, l’océan absorbe 30% du dioxyde de carbone (CO2) produit par l’activité humaine, réduisant ainsi fortement l'impact de ce gaz à effet de serre et donc le réchauffement planétaire.

Entre 1925 et 2016, le nombre de vagues de chaleur dans les océans a augmenté de plus de 50%. Depuis le lancement de la surveillance par satellite en 1982, ces vagues de chaleur océaniques sont devenues plus intenses dans près de deux tiers des océans. En outre, les scénarios d’évolution modérés du réchauffement climatique prédisent des vagues de chaleur océaniques toujours plus nombreuses et d’une durée plus longue dans pratiquement tous les océans dans les années à venir. 


Par leur capacité d’absorber et de stocker la chaleur, les océans ont subi 93% du réchauffement planétaire observé ces 50 dernières années.

Les vagues de chaleur océaniques peuvent avoir des effets multiples et dramatiques. Entre 2013 et 2016, la vague de chaleur dans le Pacifique nord-ouest a dévasté la croissance des phytoplanctons. A son tour, le saumon Chinook a vu ses populations décimées et un million d’oiseaux marins sont morts dans le golf d’Alaska. Depuis plusieurs décennies, d’autres vagues de chaleur marines ont également blanchi des récifs coralliens autour du monde.

Par leur capacité d’absorber et de stocker la chaleur, les océans ont subi 93% du réchauffement planétaire observé ces 50 dernières années, selon la NOAA, l’administration américaine des océans et de l’atmosphère. Autant que 63% de la chaleur supplémentaire stockée dans notre système climatique entre 1971 et 2010 a été absorbé par les strates supérieures de l’océan, et 30% est emmagasiné jusqu’à 700 mètres de profondeur.

La chaleur absorbée par les océans se déplace sur terre mais ne disparaît pas. Cette chaleur absorbée rentre dans le système terrestre et s’observe par la fonte des glaciers, l’évaporation de l’eau, et directement dans l’atmosphère. Ainsi, le réchauffement océanique peut contribuer au réchauffement planétaire durant des décennies suivant son absorption. Le défi est donc de gérer non seulement le réchauffement futur mais également celui déjà absorbé par nos océans.

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Marie Owens Thomsen

Lombard Odier Head of global trends and sustainability

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