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La loi de Brandolini

Le célèbre adage se vérifie aussi pendant la pandémie de coronavirus. Par Jacques Neirynck

Keystone
«En se vaccinant on réduit par un facteur 10 le risque de mort en risque d’effets indésirables.»

«La loi de Brandolini est un adage ou aphorisme énonçant que la quantité d'énergie nécessaire pour réfuter des idioties est supérieure d'un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire.»

Si un média essaie de transmettre des informations vérifiées, il est aussitôt assailli de commentaires qui les démentent, en s’appuyant sur quelque message diffusé sur les réseaux sociaux. Les sujets les plus controversés sont naturellement l’épidémie, la transition climatique, les relations avec l’UE, les votations à venir, les migrants, l’Islam.

Un thème préféré de la désinformation est celui des effets indésirables des vaccins. Sur le site Agoravox, «le média citoyen», on annonce un total de 8686 décès qui seraient «dus» aux vaccins. En réalité, les effets secondaires sont très faibles: 0,08% pour Pfizer à comparer avec le taux de létalité réel de la maladie qui est estimé à 0,7%. En se vaccinant on réduit par un facteur 10 le risque de mort en risque d’effets indésirables.

Les institutions et de la science, deux pouvoirs [qui] heurtent de front les mécontents de toute espèce
Jacques Neirynck

Plus délirante, la fausse nouvelle: le nouveau coronavirus aurait été "fabriqué" par des chercheurs dans un laboratoire de Wuhan. C'est ce qu'affirme Li-Meng Yan, une Chinoise se présentant comme une ancienne virologue de la Hong Kong School of Public Health (HKU).

Autres prises de position: «L’être humain a déjà essayé de se passer de la morale chrétienne avec la biologie, c’est une voie sans issue. C’est une voie vers la catastrophe!» ou encore «Je ne me vaccine pas parce je ne tomberai malade que si c’est la volonté de Dieu!»

Toutes ces positions dissidentes ont été publiées, assorties de mises en garde adéquates, et donnent un aperçu de l’opinion publique. Sur quoi se fonde-t-elle? Sur le refus du «système». C’est-à-dire de l’autorité des institutions et de la science. Ces deux pouvoirs heurtent de front les mécontents de toute espèce, ceux qui ont échoué dans leur vie professionnelle ou affective, ceux qui recherchent une autorité tutélaire, celle du chef providentiel, ceux qui vivent encore dans un vague animisme où les événements se produisent sous l’influence d’esprits.

Lorsque les motivations pour refuser le vaccin sont enfouies aussi profond dans le subconscient, il est impossible d’informer des gens qui cherchent la désinformation pour se confirmer dans leur délire. Et cependant, il faut continuer à redresser la barre. L’enjeu est une gestion raisonnée de l’épidémie pour sauvegarder à la fois la santé et l’économie.

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Jacques Neirynck

Ancien Conseiller national

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