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Des vaccins et des responsabilités

Par Claudine Amstein

Si l’on veut relancer la vaccination contre le Covid-19 en Suisse, chacun doit commencer par assumer ses responsabilités. Les entreprises n’ont pas à porter celles de la Confédération, alors que les solutions reposent sur les décisions de cette dernière. Regretter le retard pris et demander aux entreprises de «s’engager davantage» dans la campagne de vaccination – comme l’a fait Alain Berset dans les colonnes du SonntagsBlick - n’est ni suffisant, ni correct. 

La Confédération, les cantons et le tissu économique n’ont clairement pas les mêmes responsabilités. Depuis le début de la crise, les associations économiques se sont engagées afin que les meilleures options soient adoptées par les autorités, puis implémentées au sein des entreprises. En amont de la mise à disposition des vaccins, la CVCI a par exemple proactivement fait le nécessaire – en janvier 2021 déjà - pour transmettre au Canton la liste des entreprises de plus de 100 collaborateurs intéressées à participer à la vaccination. Dans les faits, ce n’est donc pas l’engagement du tissu économique qui a pêché, mais bien l’approvisionnement, la logistique et la mise en place des protocoles au niveau fédéral et cantonal. Quant à la stratégie privilégiée par les autorités, si elle impliquait uniquement « à la marge » les entreprises, ce n’était pas le choix de ces dernières. 

En vue d’atteindre l’immunité collective, les acteurs économiques relayent et participent à la campagne de vaccination. A l’intérieur des entreprises, les collaborateurs ont été largement informés. Mais jusqu’à quel point un employeur peut-il promouvoir la vaccination sans «contraindre»? Les associations économiques ont encouragé leurs membres à la faciliter et à inviter leurs collaborateurs à se faire vacciner. Cela nous semble être leur rôle. Mais va-t-il au-delà? Seules nos autorités ont la possibilité d’agir en force, via des obligations ou des protocoles différents destinés aux entreprises; par exemple des unités mobiles, comme dans les EMS il y a quelques mois.

Face aux défis inédits posés, un esprit de collaboration et de responsabilité anime l’économie: faciliter, accompagner, informer. Notre objectif reste d’œuvrer constructivement, pour la santé de tous comme pour la reprise. Quant aux décisions - celles qui ont été prises ou ne l’ont pas été - elles engagent les autorités, à qui nous tenions à le rappeler.

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Claudine Amstein

Directrice Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie

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