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Connectivité et développement, une relation qui a fait ses preuves

L’économie du futur doit être prospère, durable et équitable. Par Marie Owens Thomsen

Keystone
Après l'ouverture du pont entre Copenhague et Malmö, la partie suédoise de la région de l'Öresund a commencé à prospérer.

Marie Owens Thomsen a rejoint l'Association du transport aérien international (Iata) en janvier en tant qu'économiste en chef. Elle livre sa première chronique mensuelle.


Un facteur déterminant pour le développement économique est la connectivité. Selon les historiens, les premières activités de commerce international datent de 3000 ans avant J.-C. et ont eu lieu entre la Mésopotamie et la vallée de l'Indus au Pakistan. A partir d'environ 900 ans avant J.-C., les marins phéniciens et autres ont commencé à traverser systématiquement la Méditerranée et un réseau commercial dense a émergé. Aujourd’hui on remarque une forte corrélation entre le développement économique et l’accès aux transports aériens, en cohérence avec la Banque mondiale qui analyse que l'enclavement est l'une des principales raisons pour lesquelles seize pays en développement sans littoral sont parmi les plus pauvres du monde.

Des cas de bonds en avant grâce à une connectivité accrue sont multiples. Pour le plaisir des amateurs de séries télévisées, le pont (Bron) entre Malmö et Copenhague en est un exemple. Après l'ouverture du pont, la partie suédoise de la région de l'Öresund, auparavant caractérisée par le déclin industriel, a commencé à prospérer et a connu une hausse du PIB de 21% et une augmentation de l'emploi de 17% entre 2000 et 2010.

Par contre, le côté danois, déjà davantage prospère, a seulement atteint des taux de croissance de 12% et 4%, respectivement. Les dépenses de recherche et développement des entreprises ont atteint 3,5% du PIB dans le sud de la Suède, contre 2,5% en moyenne suédoise en 2009. La région de Malmö se classait au quatrième rang des régions métropolitaines de l'OCDE pour l'intensité des brevets en 2013 et est désormais décrite comme un «hôte des industries créatives».

La connectivité représente un coût environnemental qu’il est urgent de réduire, voire d'éliminer. Ceci représente un défi important pour l’aviation.
Marie Owens Thomsen

L’aviation civile a été un accélérateur phénoménal du développement économique et l'introduction de l'aviation de masse a marqué un tournant dans le progrès mondial. Grâce à l’aviation, la connectivité est devenue globale, rapide, et peu onéreuse.

L’aviation est le mode de transport le plus sûr. Pour l’année 2020, nous avons calculé un nombre aussi faible que 1,71 accident par million de vols dans le monde. En outre, il faut souligner que la connectivité, comme quasiment toute activité humaine, représente un coût environnemental qu’il est urgent de réduire, voire d'éliminer. Ceci représente un défi important pour l’aviation, même si les émissions de gaz à effet de serre dont l’aviation est responsable ne s’élèvent qu’à 2% du total mondial (contre 2,5% concernant le transport maritime et 12% pour les transports routiers).

Toute analyse macroéconomique de nos jours doit prendre en compte les effets de la pandémie de Covid et du changement climatique – deux «mégachocs» qui touchent notre économie mondiale dans son ensemble et simultanément. Nous avons tous ressenti l’impact du manque de connectivité depuis 2020 sur nos vies et nos économies. L’économie du futur doit être prospère, durable et équitable.

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Marie Owens Thomsen

Iata Economiste en chef