Article contributeur

Comment la pandémie remet en question l’urbanisme

Episode 3 - Évidemment de nouveaux comportements vont entraîner un nouveau monde: celui de la distance sociale! Par Xavier Comtesse

Keystone
Le vélo et la trottinette électrique doivent trouver leur place en dehors des trottoirs et des zones piétonnes.

Aéré, volumineux et isolé tels pourraient être les trois principaux facteurs des changement futurs de l’urbain induit par la pandémie. Cinémas et restaurants boudés; grands logements et petits jardins plébiscités.

Cela apparaît évident, les gens ont massivement découvert «Zoom», «Amazon», «Netflix», «Uber Eat» et… la trottinette! Tout cela a eu des conséquences dramatiques pour les tenanciers de bar mais pas seulement: EMS, Centres commerciaux, AirBnB, CFF, Aéroport, Easyjet, Salles de spectacle, Gaumont, Fitness, etc. ont aussi beaucoup souffert. Le monde a changé d’un coup.

Évidemment de nouveaux comportements vont entraîner un nouveau monde: celui de la distance sociale!

En même temps on découvre de nouveaux atouts: le chez soi!

Cette recomposition profonde des comportements sociaux va amener un nouvel urbanisme disions-nous: en quoi?

Les transports sont bouleversés: le collectif cède encore un peu plus au privé.
Xavier Comtesse

D’abord le résidentiel doit intégrer un lieu de travail et de communication isolé, Zoom oblige, mais également un autre lieu de loisirs pour jeux vidéo ou Netflix. Le salon ne suffit largement plus! Le logement s’agrandit. Son attrait n’a jamais été aussi grand. Les prix du logement flambent.

Ensuite, l’extérieur (jardin ou promenade), son accès doit être facilité. C’est également un nouveau besoin. Ce ne sont plus seulement des lieux collectifs, genre jeux d’enfant qu’il faut mais plutôt de petits lopins de terre pour cultiver ses légumes. La nourriture Bio, c’est avant tout la mienne.

Enfin, le vélo et la trottinette électrique doivent trouver leur place en dehors des trottoirs et des zones piétonnes. La ville se mue là aussi. Les transports sont bouleversés: le collectif cède encore un peu plus au privé. Le privé apparait plus serein, le public est lourd de menace! La ville s’individualise alors qu’elle avait été construite sur le collectif sécuritaire et le vivre ensemble culturel.

Comment les urbanistes «étatiques» vont-ils réagir?

Dans un premier temps, ils vont être dans le déni. Leur réponse est toute trouvée: c’est une situation provisoire, le monde d’avant reviendra. Et puis dans un second temps, le marché sous l’emprise des consommateurs évoluera vers la demande. Alors émergera le monde d’après. On pourrait déjà commencer à l’envisager… non?

Alors juste une pensée: la ville sera toujours mienne mais moi je serai autre… donc elle aussi!

Commentaires

Xavier Comtesse

Mathématicien et membre du Think Tank CODE_IA