mercredi 27 août 2014 // 23:13

Une universalité compromise

jeudi, 25.04.2013

L’étendue de la clause de sauvegarde à tous les Etats de l’Union européenne, qu’a décidée hier le Conseil fédéral, a peut-être une portée tangible limitée. Elle a néanmoins une valeur de signal à trois niveaux qui lui donne un sens incontestable. Vis-à-vis de l’UE d’abord, elle met un terme à la discrimination qu’impliquait l’activation, l’an dernier, de la même clause envers les huit Etats d’Europe de l’Est. A l’intérieur du pays, elle répond aux sentiments perçus de la population face à une immigration record (qui a conduit à l’aboutissement des initiatives populaires de l’UDC sur l’immigration de masse et de l’association écologiste Ecopop contre la surpopulation, que le gouvernement recommandera bien sûr de rejeter). Enfin, elle communique aux 26 millions de chômeurs d’Europe que le marché du travail suisse n’est pas ouvert de façon indéfinie.

Ce dernier point, qu’a admis la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, met en évidence la difficulté, aujourd’hui, d’une libre circulation totale avec l’UE, sans entrer dans une spirale sans fin d’interventions et de mesures d’accompagnement qui ôterait toute flexibilité au marché du travail. L’environnement économique est en effet très loin de celui prévu lors du vote sur l’accord il y a treize ans. Les disparités en Europe ne se sont pas réduites, mais accrues. Et cela vaut d’autant plus pour la Suisse: les différences croissantes en termes de chances d’emploi, de niveau des salaires et du revenu disponible, de pression fiscale future et même de qualité de la vie ont encore augmenté son attrait. Avec ou sans le placébo temporaire de la clause de sauvegarde, cet effet d’aimant compromet de plus en plus l’absence de politique migratoire délibérée envers l’ensemble de l’UE. Le Conseil fédéral semble au moins y songer.

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