mercredi 16 avril 2014 // 09:13

Swiss made à deux variantes

vendredi, 01.03.2013

Stéphane gachet

La sortie de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) de l’organisation faîtière Economiesuisse est loin d’être anecdotique. La signification pour Economiesuisse reste une conjecture et paraît secondaire à ce stade. Economiesuisse a toujours connu des tensions internes et des conflits d’image, la décision de la FH n’est qu’un élément de plus. La vraie signification se joue sur la crédibilité du label Swiss made, qui s’achemine inéluctablement vers une formule à plusieurs vitesses.

Dire que la démission était prévisible est toujours présomptueux, même si la FH a lancé des alertes très claires et à plusieurs reprises depuis plus d’une année, en défendant publiquement la close des 60% du prix de revient réalisés en Suisse, contre la position d’Economiesuisse, toujours en faveur d’un seuil à 50% sur l’ensemble de la production industrielle domestique.

Une question revient: 50% ou 60%, la différence est-elle si déterminante? Au niveau des Chambres fédérales, c’est précisément sur ce point que les Etats et le National s’opposent dans le cadre du swissness. Du point de vue de la FH, la différence est dichotomique, entre l’affaiblissement de l’ordonnance actuel sur le swiss made horloger et le seuil minimal de crédibilité. La décision de la FH pourrait annoncer un schisme plus profond avec la logique d’une indication unifiée. La FH n’a d’ailleurs jamais caché sa volonté de relever, par voie d’ordonnance, l’accès au label très au-delà du cadre général, jusqu’à 90%. Un renforcement drastique revendiqué par une majorité de fabricants, et pas seulement les groupes intégrés surpuissants comme Swatch, Richemont ou Rolex.

Le message lancé devrait donc aussi avoir une signification pour le politique, qui serait bien inspiré de reconnaître l’exception que constitue l’horlogerie suisse, probablement la seule industrie au monde bénéficiant d’une appellation d’origine. La volonté des Chambres de s’en tenir à une couverture générale de la marque Suisse est compréhensible, mais contre-productive pour la branche horlogère, qui doit tout son développement à la crédibilité du Swiss made et qui a surtout besoin de resserrer les critères ridiculement anachroniques de l’ordonnance actuelle. Ce que la FH demande depuis bientôt cinq ans. Le vrai risque serait aujourd’hui que la branche se désolidarise du projet swissness et construise son propre label qualité.

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