dimanche 21 septembre 2014 // 22:08

Le cygne noir n’était qu’un pauvre canari

mercredi, 22.05.2013

Pictet. La chute de l’or n’est pas un accident. Elle est révélatrice d’un changement de régime.

Nicolette de joncaire

La corrélation entre marchés actions et or est rarement décryptée à temps. La chute de l’or en avril n’est pas un cygne noir mais un accident qui nous pendait au nez. Même si la brutalité du phénomène n’était guère prévisible - elle aurait pu s’étaler sur plusieurs semaines -, Yves Bonzon, CIO de Pictet Wealth Management lisait un signal clair de changement de régime dans l’écart croissant entre le rendement total du S&P500 et l’once de métal depuis octobre dernier. Ecart qui se monte aujourd’hui à plus de 36%. Une première en dix ans et le symptôme le plus avancé d’une normalisation du crédit privé aux Etats-Unis. Ce n’est d’ailleurs pas l’unique symptôme de renversement de tendance. Le fléchissement des marchés actions émergents et celui des matières premières concourent à renforcer ce diagnostic qui serait irrémédiablement confirmé par un mouvement baissier sur la dette émergente, plus particulièrement en devises locales. L’alternance entre investissements en actifs productifs (actions) et en actifs non productifs (or et autres valeurs refuge) est un trend cyclique à long terme dont les premières étapes ne sont pas toujours immédiatement perçues par les investisseurs (comme en témoigne actuellement le fort biais de nombreux portefeuilles vers l’or et autres valeurs fortes des dernières années).

La prochaine étape à surveiller de près sera le comportement de la Fed et son impact sur ces mêmes marchés actions. Il est assez probable qu’elle envisage déjà de ralentir le pas du quantitative easing (il devrait néanmoins durer jusqu’à la fin de l’année). Même si la reprise américaine s’est montrée infiniment plus poussive que dans les cycles précédents - avec un taux de croissance de 2,1% sur les derniers 14 trimestres au lieu des 4,2% observées historiquement sur des phases comparables -, elle se traduit clairement dans la hausse des prix du logement (+7% en 2012 dans les vingt plus grandes villes des Etats-Unis). Et dans le recrutement dans les administrations non fédérales. Accompagnés d’un accroissement de la compétitivité du secteur manufacturier grâce au faible prix du gaz naturel.

Agrandir page UNE

agefi_2013-05-22_mer_01
Publications Agefi