vendredi 01 août 2014 // 01:39

Nouvelle année sans perspective

jeudi, 28.02.2013

François Schaller

Premier secteur économique en Suisse, l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM, 340.000 emplois), table sur une reprise modérée des affaires cette année (lire aussi page 8). C’est ce qui a été communiqué hier, au moment même où les marchés financiers réagissaient très négativement à l’impasse politique en Italie. Autant dire que toutes les prévisions semblent tout d’un coup remises en cause sérieusement. L’Europe compte encore pour beaucoup dans les débouchés de l’industrie suisse, et elle se montre incapable de surmonter son double problème français et italien. Pénalisant tout le climat de confiance sur le continent. Autant un pays comme l’Espagne peut donner l’impression de se rétablir (confirmation hier que les ventes de logements s’étaient réorientés à la hausse), autant l’Italie et la France paraissent prisonnières d’une mentalité politique non constructive pesant de tout son poids sur l’économie. On ne voit guère que des réformes institutionnelles profondes pour relancer ces deux leaders  démographiques, et l’on sait qu’aucun pays développé n’est plus capable depuis des décennies d’entreprendre ce genre de tournant. La perspective de devoir attendre de nouvelles élections législatives en Italie, et la prochaine élection présidentielle en France pour espérer un vrai changement en Europe a de quoi décourager (l’investissement en particulier). L’idée qu’il faudrait que les choses aillent encore beaucoup plus mal pour qu’une vaste prise de conscience ait lieu dans l’opinion publique de ces deux pays peut même devenir désespérante.

Ce qui ressort régulièrement dans l’industrie MEM, c’est que les grands groupes mondialisés, bien diversifiés géographiquement, peuvent travailler sur leur croissance et leur rentabilité en se mettant en bonne partie à l’abri des variations conjoncturelles régionales (Europe comprise).

Ce profil défensif est ce que la plupart des autres entreprises cherchent à acquérir. Et elles le font en général d’autant mieux qu’elles sont sous pression. C’est peut-être l’élément le plus positif de la longue et pénible période d’après-crise 2008 que traverse l’industrie suisse d’exportation. Les trente licenciements collectifs enregistrés l’an dernier dans le secteur MEM peuvent apparaître en ce sens comme un prix à payer pour que la branche en sorte renforcée.n

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