lundi 28 juillet 2014 // 06:12

Les rémunérations envahissantes

lundi, 18.03.2013

Gilles Martin

Ernst Tanner, président exécutif de Lindt & Sprüngli, a reçu 6,9 millions de francs de rémunération l’an dernier. L’année précédente, il avait perçu 8 millions. Michel Liès, de Swiss Re, et son prédécesseur Stefan Lippe se sont partagés 6,74 millions de francs en 2012, contre 5,36 millions en 2011 (à Stefan Lippe). Les douze membres de la direction générale d’ABB ont au total gagné 50,9 millions de francs. Leur président Joe Hogan a perçu 10,16 millions au total, contre 9,37 millions en 2011.

Ces informations ont dominé la matière économique des agences de presse vendredi. Ce ne sont pas des révélations. Elles sont simplement tirées des rapports annuels publics édités par les entreprises elles-mêmes, comme chaque année depuis un certain temps déjà. Tout comme les chiffres que nous publions aujourd’hui sur les principales banques cantonales (page 4), après que les blogueurs de la place  zurichoise eurent évoqué quelques disparités dans les rémunérations du management et des conseils d’administration de ce type d’établissement.

Deux semaines après le choc Minder, les questions de rémunérations personnelles semblent être devenues prioritaires dans l’actualité économique suisse. Aussi importantes, si pas davantage, que les résultats des sociétés ou les considérations sur l’avenir des affaires ou  de l’emploi. Et comme ce fut le cas avant le vote, cette attention dont la légitimité n’est guère discutable - ce serait du plus mauvais goût - vient (sans vraiment le vouloir probablement) en soutien des partisans du plafonnement des revenus. La date de consultation populaire sur l’initiative dite «1:12» n’est pas encore fixée. Le projet est issu cette fois de la gauche socialiste (et non de la droite conservatrice), et l’on devine que ses promoteurs sont impatients d’en découdre le plus tôt possible. Pour pouvoir encore bénéficier d’un maximum d’effet Minder avant que la lassitude s’installe.

En plus de cette actualité des rapports annuels mise en exergue cette année, ils pourront compter sur celle des assemblées générales (jusqu’ici fort peu couvertes par les médias). Le thème des rémunérations devrait y occuper une place de plus en plus importante au moment des questions. Il pourrait même dans certain cas dominer complètement les débats.

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