samedi 25 octobre 2014 // 14:37

Le pouvoir d’achat progresse toujours

mardi, 30.04.2013

Publication hier des chiffres de l’évolution des salaires et du pouvoir d’achat sur un an (2012): les revenus nominaux ont augmenté de 0,8% (lire page 8). Sachant que les prix ont en moyenne baissé pour la deuxième année consécutive (- 0,7%, effets monétaires sur importations), on peut dire que le pouvoir d’achat (salaires réels) a augmenté de 1,5%. Il a augmenté de 1% ou plus dans toutes les branches, sauf la métallurgie et les activités de l’informatique (0,9%), la vente et réparation de véhicules, et la gestion des déchets (0,7%).  

Même si elle ne dit pas grand-chose du salaire disponible après prélèvements et taxes (assez évolutifs également), il s’agit d’une bonne nouvelle. Assez banale toutefois dans l’histoire économique récente de la Suisse. Ces vingt dernières années, le pouvoir d’achat annualisé n’a baissé qu’à six reprises, dans des proportions n’atteignant de loin pas -1% (elles ont en revanche dépassé le seuil de 1% à la hausse à quatre reprises). En 2012, la bonne performance vient clairement de la faiblesse des prix, et d’une nouvelle convention collective favorable aux salaires dans l’hébergement et la restauration (secteur important en ressources humaines). Il est de bonne guerre de la part de l’Union syndicale de ne pas commenter ces chiffres, et d’aligner deux communiqués alarmants en deux jours (dont l’un évoque « la loi de la jungle qui menace salaires et conditions de travail»).

La gauche a sans doute raison de demander que davantage encore  de contrôles soient réalisés pour faire respecter les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes avec l’Union Européenne. Le dumping salarial très regrettable dont il est question porte toutefois sur des cas plutôt rares, dans des secteurs identifiés de longue date (après la construction et la restauration, on parle actuellement beaucoup des horticulteurs). Ce problème bien réel montre surtout la difficulté de fixer des limites salariales en quelque sorte par décret. Il donne une idée de ce que pourraient représenter les problèmes d’application à grande échelle d’un salaire minimal général à 4000 francs dans toute la Suisse. Dans la quasi-totalité des Etats d’Europe ayant un plancher salarial unique (en général bien plus bas), son respect passe pour être très approximatif.

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