samedi 26 juillet 2014 // 07:04

Le FMI pas toujours de bon conseil

mardi, 19.03.2013

L’exercice d’examen annuel du FMI est une formalité pour la Suisse. Mais derrière la stabilité apparemment à toute épreuve (bonne tenue intrigante de l’économie malgré la faiblesse de la demande extérieure), quelques nuages n’ont pas disparu. Le bilan alourdi de la Banque nationale en fait partie. Le FMI recommande pour l’heure le maintien du cours plancher contre euro, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour augmenter les fonds propres en cas de pertes massives. L’indépendance même de la BNS pourrait être sinon remise en question. Cet avertissement rappelle que les interventions sans précédent opérées ces dernières années sont assorties d’un degré important d’incertitude. Le retour prévu d’un taux d’inflation positif en début d’année prochaine souligne tout autant l’attention à porter à la dimension monétaire. Et ceci au-delà de la question du marché immobilier, qui pourrait nécessiter de renoncer aux incitations fiscales actuelles. En tout état de cause, les maniements monétaires sont un foyer latent qu’il convient de garder sous contrôle.

Là où le FMI est nettement moins convaincant, c’est lorsqu’il entrevoit le potentiel de politique budgétaire plus expansive. Alors que de nombreux pays européens sont en difficultés précisément pour cette raison et doivent recourir à des hausses d’impôts dommageables pour l’économie, selon les recettes souvent désastreuses avancées par le FMI, il est surprenant d’entendre la cheffe de mission de l’organisation créée à Bretton Woods plaisanter que «Keynes n’est jamais arrivé en Suisse». On peut s’en réjouir. La Suisse a donné naissance à l’influent économiste Karl Brunner, l’un des principaux opposants, avec Allan Metzler et Milton Friedman, des sophismes keynésiens: son influence  explique en partie la relative bonne position du pays aujourd’hui. Comme l’a paradoxalement rappelé hier Serge Gaillard (directeur de l’Administration fédérale des Finances), des budgets plus expansifs n’auraient aucun sens: non seulement une telle politique mettrait en danger l’équilibre en cas de choc, par exemple dans l’éventualité d’une hausse significative du chômage, mais elle soutiendrait artificiellement la forte demande intérieure. On peut relever aussi que la Confédération a doublé de volume en termes absolus sur vingt ans. Et cela a également un coût.

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