lundi 20 octobre 2014 // 23:08

Le changement culturel de Sarasin

mercredi, 22.05.2013

Christian affolter

L’énorme différence de culture entre les enseignes Safra à Genève, et Sarasin à Bâle, intrigue depuis l’annonce de l’acquisition de l’établissement bâlois par la banque privée d’origine brésilienne. Ici, une société cotée proclamant des valeurs de transparence, d’argent propre, de durabilité. Inspirée également de ses anciens actionnaires majoritaires néerlandais. Là, la banque privée en mains familiales avec une politique d’information extérieure hyper-restrictive, la protection de sa propre sphère privée et de celle des clients étant au centre de l’identité. Une coexistence de ces deux modèles dans une entité fusionnée ne paraît guère possible. Dans ce processus, qui devrait devenir nettement plus visible cet été avec l’adoption du nouveau nom J. Safra Sarasin, le rapprochement culturel prend des allures asymétriques. La Bank J. Safra cultive toujours autant la discrétion qu’auparavant, en tant qu’élément distinctif recherché par sa clientèle. Les seules informations financières annuelles disponibles avant l’acquisition de Sarasin étaient les fonds propres selon la circulaire Finma. La cotation de Bank Sarasin l’a néanmoins obligée à publier un rapport 2012 offrant une vue globale du groupe, du moins du point de vue de sa structure et de sa comptabilité. Une occasion qui risque de se révéler unique. Le rapport de durabilité inclus dans ce rapport du holding J. Safra Sarasin se réfère presque exclusivement à des données prélevées du côté de Sarasin. La présence médiatique du président exécutif Joachim H. Strähle a déjà diminué de manière sensible. Au point qu’elle ne correspond plus au niveau habituel d’une banque suisse de cette taille. Les piliers de l’image de Sarasin semblent vaciller. D’autant plus que des collaborateurs clés porteurs de cette réputation sont en train de quitter le groupe. Le processus de transformation semble plus profond que les informations publiées ne le laissent penser. Avec un certain courage inspiré de la logique tendant à conserver la clientèle actuelle autant que possible, il va à contre-courant d’une tendance sur la place financière. Sans vouloir faire trop de vagues, le groupe J. Safra Sarasin se montre ainsi déterminé à  prouver que cette voie valorisant le secret n’est pas forcément synonyme «d’affaires», encore moins condamnée à l’échec. Ce qui pourrait évidemment laisser penser qu’il existe toujours plusieurs solutions à un problème... 

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