jeudi 30 octobre 2014 // 19:57

Le catastrophisme retient son souffle

mercredi, 08.05.2013

Philippe rey

L’évolution climatique est-elle la cause première et fondamentale des catastrophes naturelles, en  augmentation constante depuis au moins deux décennies? Où s’agit-il d’un biais de perception, dû en particulier à leur recensement global et plus méthodique? En tout état de cause, l’activité d’assurance, l’un des principaux indicateurs, reflète une pause sensible depuis un an.

Auparavant, des événements de grande ampleur avaient causé les troisièmes dommages annuels les plus importants depuis 1970. Les catastrophes naturelles avaient coûté la vie à environ 14.000 personnes et occasionné des dommages économiques de près de 186 milliards de dollars. La facture assurancielle s’était élevée à plus de 77 milliards. Les assureurs et réassureurs bénéficient aujourd’hui d’une période plutôt clémente. Ce qui se reflète dans un ratio combiné sensiblement au-dessous de 100% pour les assureurs globaux, du moins pour des groupes tels que Zurich et Swiss Re .L’évolution des sinistres est qualifiée de favorable par rapport aux exercices antérieurs. Comment cela est-il possible?

Le climat n’est pas seul en cause. Il y a aussi une meilleure gestion du risque, et probablement une meilleure répartition des risques de catastrophes naturelles. Les progrès accomplis ces dix dernières années sont considérables. Davantage de capital est disponible pour les assurer, en particulier sur le marché des capitaux lui-même. La perception du risque et la prévoyance s’accentuent. D’autre part, si plus de 300 catastrophes sont survenues en 2012, leur nombre a diminué relativement à 2011. Si l’on compare les dommages au PIB nominal et aux primes directes émises, ceux liés aux catastrophes naturelles étaient proches des moyennes historiques, en dépit d’un montant absolu supérieur aux dommages moyens des dix dernières années. Or, des sinistres proches de la moyenne représentent une bonne année pour des assureurs et réassureurs bien gérés. Leur base de capital permet d’absorber sans problème un tel niveau de sinistres, et d’obtenir un rendement intéressant du capital.

La conscience et la gestion du risque augmentent aussi progressivement en ce qui concerne les gouvernements et les entreprises. Ce qui a pour corollaire une prévention accrue. Tout n’est pas encore pour le mieux dans le meilleur des mondes. Néanmoins, les principaux intéressés sont mieux armés aujourd’hui pour faire face aux catastrophes, même si une hausse de la fréquence des sinistres (tels que Sandy aux Etats-Unis) reste assez  probable à long terme.

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