dimanche 20 avril 2014 // 07:42

L’avenir se chargera des grands travaux

mercredi, 27.03.2013

Gilles martin

Les générations futures auront-elles les moyens et la volonté de réaliser de grands travaux aujourd’hui impossibles? Après les différents refus fédéraux d’inscrire la traversée du lac dans les priorités en matière de routes nationales, Genève a revu sa stratégie (page 9). Le canton a peut-être choisi la bonne: scinder en deux les projets de développement autoroutiers. L’élargissement du contournement actuel dans un premier temps, la traversée du lac ensuite. Cette solution présentée hier par le gouvernement semble pragmatique et a l’avantage de converger avec les vues de l’Office fédéral des routes (qui n’a pas encore perçu l’intérêt évident d’un contournement complet du canton).

Cela signifie surtout que le projet de traversée du lac est remis à l’horizon 2030 dans les scénarios les plus optimistes. Et 2050 dans les projections les plus réalistes. A force d’attendre un financement fédéral, Genève a perdu plusieurs occasions de se doter d’une véritable ceinture autoroutière performante. Que d’années perdues en négociations, espoirs et désillusions.

Et si la République prenait son destin routier en main? Genève est l’un des principaux contributeurs à la péréquation financière fédérale. Bien que chroniquement déficitaire, elle conserve une capacité d’endettement non négligeable. Pourquoi ne suivrait-elle pas l’exemple Zurich? On lance les projets, on investit, on commence même leur réalisation, tout en sollicitant l’aide fédérale. C’est ce qui s’est passé avec certaines infrastructures ferroviaires du RER. La stratégie a réussi et la Confédération a finalement financé le réseau par le biais d’une redevance annuelle. Décriée par plusieurs parlementaires romands, la méthode n’en est pas moins efficace.

On pourrait donc imaginer que les députés oublient leurs divergences sur le budget de fonctionnement et examinent sérieusement la possibilité de financer localement cet aménagement aussi nécessaire qu’urgent. Sans en appeler perpétuellement au soutien du Grand Genève en devenir, de la communauté lémanique, de la France ou de la Confédération. Le pragmatisme politique d’aujourd’hui ressemble à un manque de détermination et apparaîtra un jour comme une forme peu glorieuse et peu recommandable de démission.

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