mercredi 26 novembre 2014 // 08:29

La preuve par le SMI

lundi, 11.03.2013

François Schaller

Les niveaux records atteints ces derniers jours sur les marchés actions américain, britannique, allemand ou même japonais, correspondent-ils à la formation d’une nouvelle bulle financière due en premier lieu à de la création monétaire sans limite? Reflètent-ils plutôt un retour durable de confiance parmi les investisseurs, permettant simplement que les indices reviennent enfin à des niveaux réalistes et raisonnables après le crash de 2007/2008 (injustifié si l’on se réfère aux fondamentaux et à la rentabilité des entreprises cotées - financières mises à part - à l’époque comme aujourd’hui)? Les deux hypothèses semblent séparées par la ligne de partage habituelle entre pessimistes et optimistes.

Le fait que le marché suisse est de son côté tout juste parvenu à refaire les deux tiers du chemin plaide plutôt pour l’optimisme. S’il ne s’agissait que d’exubérance irrationnelle, l’indice SMI aurait sans doute atteint lui aussi son niveau de 2007.

Le retard du marché suisse peut au contraire s’expliquer de manière assez rationnelle. Première raison: la pondération des secteurs dans l’indice des valeurs principales est très défensive. En plus, l’étroitesse de cet indice à vingt blue chips le pénalise: n’est-il pas il dominé par quelques entreprises dont certaines (Credit Suisse ou Novartis) ont connu, ou connaissent encore des difficultés plus ou moins spécifiques qui ont beaucoup pesé depuis le retournement des marchés en mars 2009?

L’autre explication est bien sûr monétaire. La sensibilité du SMI aux changes est frappante. Le marché suisse fut très cher de ce point de vue, jusqu’à l’établissement du plancher à 1,20 franc contre euro en septembre 2011. C’est l’origine de son retard. Lorsque le franc s’est retrouvé vers 1,25 en décembre-janvier dernier, l’indice a progressé de 600 points en un mois. L’élan est retombé avec l’euro. Mais le marché suisse a gagné 13% depuis le début de l’année (+9,7% DJ, +4,3% DAX), plus de 25% sur un an (contre 11% et 19%). Il se trouve en plein processus de rattrapage.

Il n’est pas exagéré de penser que l’évolution du SMI ces prochains mois dépendra en très grande partie des comportements du dollar et de l’euro. Et l’optimisme est plus difficile sur l’euro que sur le dollar. Dans le meilleur des cas, la convergence pourrait toutefois avoir lieu cette année encore.

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