samedi 19 avril 2014 // 07:01

La méthode Leuba continue d’intriguer

vendredi, 26.04.2013

Gilles Martin

Libéral-radical, le conseiller d’Etat en charge de l’Economie dans le canton de Vaud ne manque pas une occasion de s’associer aux démonstrations de dynamisme industriel. Philippe Leuba participait hier après-midi à Prangins à la présentation des nouvelles installations de Novartis; le soir, il inaugurait le nouveau site de Bobst à Mex (les deux fois aux côtés du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann) (lire page 3). On l’avait vu quelques jours avant lors de l’inauguration de la chaîne de production de la Brasserie du Boxer à Yverdon-les-Bains, et aux imprimeries IRL+ à Renens. Il posait entre-temps la première pierre du complexe hôtélo-récréatif Aquatis au-dessus de Lausanne. La soudaine omniprésence de Philippe Leuba intrigue.

Au-delà des hasards de calendrier et des exigences de la fonction, cette visibilité en continu est sans doute l’illustration d’une conviction. Le conseiller d’Etat croit au potentiel d’une industrie locale déjà bien développée (en comparaison suisse et européenne), aux vertus de la diversité, et veut les accompagner avec tous les moyens que l’Etat met à disposition.

De mauvaises langues l’ont déjà surnommé ministre vaudois du redressement productif. De quoi vexer celui qui rappelle régulièrement son attachement aux valeurs libérales.

En libéral pragmatique cependant, il croit à l’efficacité d’un Etat svelte, mais fort. Et s’est investi de la mission de mettre le poids du public au service du tissu économique local. Quitte à contrarier ceux qui prônent un développement plus mesuré des activités humaines. On l’a vu combattre, en opposition avec le Conseil d’Etat, la révision de la Loi sur le territoire, qui risque de pénaliser la croissance du canton.

Dans un gouvernement majoritairement de gauche, archi-dominé par le président socialiste Pierre-Yves Maillard, Philippe Leuba semble toujours plus vouloir s’imposer comme un numéro deux, un contrepoids. Le chef des Finances libéral-radical et ancien président Pascal Broulis ne donne-t-il pas l’impression d’avoir fait son temps? La présence de Philippe Leuba à l’extérieur se double d’un recours régulier à des experts et consultants sur les dossiers économiques clés. L’économie semble écoutée. Sera-t-elle mieux entendue et mieux comprise?

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