lundi 01 septembre 2014 // 09:29

La consécration de l’émotionnel

vendredi, 17.05.2013

Stéphane gachet

La publication hier des chiffres annuels détaillés de Richemont  aurait dû représenter un parfait non-event. En toute toute rationalité, puisque le groupe avait déjà fait une pré-annonce fin avril. Ces chiffres ont en effet semblé sans surprise.

Les investisseurs ne se lassent pourtant pas de rechercher le titre, portant Richemont au-devant d’une nouvelle séance d’anthologie. Un appel d’air au parfum de déjà vu après l’envol du 23 avril. Comme si le comportement avait ouvertement et sans retenue basculé dans le domaine purement émotionnel. Poussant l’irrationalité jusqu’à considérer le luxe comme un domaine défensif. Une forme de confusion aiguë que le négoce relève lui-même.

Hier, le seul argument rationnel d’upside est sans doute l’évolution des ventes en avril, qui servira de jauge pour mesurer la tendance depuis les fêtes de fin d’année et sur le dernier trimestre de l’exercice décalé de Richemont. Comme le relève Citi dans sa note de recherche. Le mois d’avril présente néanmoins deux bonnes raisons de rester positif. La première est un retour à la progression à deux chiffres (+12% à taux de change constant). La seconde est le «degré d’optimisme» déclaré par le top management tourné vers l’avenir - un signe perçu d’autant plus significatif que cette direction est réputée conservatrice. Le mois d’avril reste toutefois peu représentatif, pour des raisons de saisonnalité. Autre point de nuance, le quatrième trimestre confirme encore l’effet de saturation en Asie, malgré des comparatifs plutôt soft. Signe de la poursuite du déstockage sur les montres en Chine. Ces finesses renforcent d’autant l’effet de contraste avec la progression de Richemont qui, faut-il le rappeler, s’est améliorée très au-delà de la tendance historique - plus de 1000% sur quinze ans (en comparaison, Swatch Group enregistre un gain de plus de 630% sur la même période).

On ne se lasse pourtant pas d’observer cet engouement qui, encore une fois, conférerait presque au secteur des qualités défensives qu’il ne possède pas par nature. Tant mieux pour les investisseurs de long terme, qui seront confortés (une fois encore) dans leur choix de ne pas sacrifier une position comme Richemont. Elle fait vraiment partie des meilleurs IPO de ces dernières années.

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