vendredi 25 juillet 2014 // 19:06

Immigration: la tentative d’apaisement

lundi, 06.05.2013

Pierre Bessard

La question d’une immigration aussi libre que possible prend une nouvelle tournure avec les propositions adoptées ce week-end par les libéraux-radicaux. Ne constatent-ils pas que les flux migratoires ne sont pas orientés uniquement par le marché du travail? Plus de 45% des bénéficiaires de l’aide sociale sont des migrants, dont les deux tiers viennent d’Etats hors d’Europe. Cette surreprésentation semble appeler des ajustements: une immigration réussie est d’abord une affaire d’assimilation par le travail. L’indépendance économique sur la durée n’est pas seulement une condition qui devrait aller de soi pour l’octroi d’une autorisation de séjour. Il s’agit aussi, et avant tout d’une question de dignité: celle de pouvoir participer pleinement à une société productive. De ce point de vue, la Suisse n’a pas démérité à travers ses politiques souvent plus réalistes qu’ailleurs, même si l’accès aux prestations de l’assurance chômage ou de l’assurance invalidité, et leur ampleur,   continuent d’être controversés. Là où l’Etat social pose problème, c’est lorsqu’il incite des personnes à s’intégrer directement et durablement dans ses structures.

En mettant le doigt sur le défi des nombreux migrants assistés des «Etats tiers», le PLR ne touche cependant qu’à la marge un quart du solde migratoire annuel de plus de 70.000 résidents depuis près d’une décennie. Il tente ainsi d’apaiser une critique récurrente, mais est-ce suffisant? Ce qui doit finalement sauver la libre circulation des personnes avec l’UE dépendra d’adaptations non pas à l’immigration en tant que telle ou à ses effets secondaires de marge, mais à une population plus urbaine et plus nombreuse. Cela implique une réflexion plus large que la diminution, forcément limitée, des arrivants non-européens.

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