vendredi 31 octobre 2014 // 07:09

Hommage français à Margaret Thatcher

mardi, 09.04.2013

Nicolette de Joncaire

Et si le président Hollande s’inspirait du courage politique de Margaret Thatcher à une époque où le Royaume Uni semblait avoir touché le fond de son long et profond déclin économique? Sans appliquer les mêmes recettes, bien entendu. En abandonnant simplement le dogmatisme archaïque, en innovant avec simplicité, au risque de paraître simpliste.

Les bonnes pistes ne manquent pas. La France pourrait par exemple offrir à toute multinationale capable de créer plus de 2000 emplois en France un taux d’impôt sur les bénéfices de 8%. C’est le taux que paient en moyenne les entreprises du CAC 40 qui dégagent entre 75 et 80 milliards d’euros de marge. Elles font de l’optimisation fiscale là où les petites entreprises sont imposées à 33%.

A ce taux préférentiel, quelques 600 multinationales offrant des marges comparables à celles du CAC 40 permettraient de réduire le déficit budgétaire français (87 milliards d’euros) à presque rien. Et à diviser le chômage par plus de deux. 600 entreprises, c’est beaucoup pour un pays qui compte moins de 500 sociétés de plus de 2000 employés. Mais, outre le bénéfice pour le Trésor et les caisses d’allocations chômage, les retombées sur le reste de l’économie seraient phénoménales.

Resteraient bien sûr à régler quelques autres… détails, comme le coût de l’unité de travail en France, lourdement grevé par les cotisations sociales. Mais rien n’empêche d’imaginer que l’audacieux président Hollande autoriserait ces sociétés à offrir à leurs employés des assurances médicales et des fonds privés de retraite, tout aussi avantageux pour les collaborateurs, mais nettement moins coûteux que les équivalents publics.

Hors fiscalité punitive, la France offre encore des avantages non négligeables en termes de qualifications et d’infrastructure. Sans compter un réservoir de population active de 26 millions de personnes.

Il faudrait convaincre beaucoup de monde. A commencer par les dirigeants desdites 600 entreprises (elles voudraient de sérieuses garanties de long terme sur la pérennité du privilège). Sans parler des syndicats et autres adeptes du nivellement par le bas. Et des instances européennes, qui y trouveraient sans doute de la concurrence fiscale dommageable.

Catalyseurs d’un renouveau, ces sociétés privilégiées permettraient à moyen terme d’envisager la baisse des impôts pour tous. Dans une France régénérée, devenue modèle de dynamisme. Elue en mai 2012, Magaret Thatcher l’aurait déjà tenté. Elle serait sans doute impopulaire, mais peut-être pas autant que François Hollande aujourd’hui.n

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