vendredi 19 septembre 2014 // 03:45

Dans la zone grise du renouvelable

mercredi, 06.03.2013

Stéphane gachet

Le marché a évidemment très mal réagi hier à la perte annuelle de Leclanché à Yverdon (page 7). Cet excès reflète une large incompréhension par rapport à l’étape de pur capital-risque dans laquelle se trouve l’entreprise depuis plusieurs années. Depuis la réorientation stratégique du groupe quasiment. Sans doute l’effet trompeur d’une cotation historique et clairement encombrante dans la configuration actuelle. Le genre d’obstacle que l’on rencontre couramment dans des domaines très R&D comme le biotech, mais très inhabituel dans le développement industriel.

Il n’y a d’ailleurs pas plus de raison de s’inquiéter (ou de se réjouir) qu’avant après la publication de ces chiffres sur douze mois. Du fait précisément de sa cotation, le niveau de transparence est élevé (et certainement gênant) et la situation n’a pas franchement évolué depuis les dernières annonces. La direction recherche toujours une solution pour assurer son financement à court et moyen terme. Il reste huit semaines pour concrétiser une option (refinancement, partenariat, vente, redimensionnement). C’est court, très court, et l’échéance paraît naturellement dramatique dans un contexte global peu propice à l’investissement dans le périmètre des énergies renouvelables.

Le pire scénario (la faillite) ne peut pas être exclu. A ce stade, ce n’est toutefois pas l’option la plus vraisemblable. On peut même penser que la direction a toujours la possibilité de se replier d’Allemagne sur Yverdon, et ses activités d’intégration (tout à fait rentables). Ce qui mettrait un terme aux grandes ambitions industrielles, mais assurerait la survie de la marque. Le scénario optimal existe aussi et tout le pari de Leclanché tient là-dessus: le démarrage à grande échelle des solutions de stockage d’électricité comme complément de la sortie du nucléaire et du fossile. L’élément décisif reste le timing.

Leclanché reste convaincu de sa position  et continue d’accumuler les validations technologiques et commerciales. On peut malgré tout penser que cela arrive trop tard, après la fin des grands programmes de soutien au cleantech. La direction de Leclanché retourne l’argument: c’est au contraire une étape clé, dont le principal effet est de renforcer la compétitivité des énergies alternatives en mettant les prix des installations sous pression. L’issue reste politique et non maîtrisable par la seule industrie. La difficulté  est de franchir cette zone grise.

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