vendredi 25 juillet 2014 // 23:47

Banque nationale: carnage prévisible

lundi, 29.04.2013

La révélation maladroite par la Banque nationale (BNS) de la double localisation à l’étranger de 30% de ses réserves d’or soulève des questions qui donnent déjà une idée de la future campagne politique pour ou contre l’initiative du Parti populaire SVP/UDC intitulée «Il faut sauver l’or de la Suisse».

Pourquoi n’avoir pas donné l’information avant la récolte de signatures, l’argument étant alors que l’or était massivement entreposé aux Etats-Unis et dans la zone euro? Pourquoi l’avoir finalement communiqué après le dépôt de l’initiative, montrant ainsi que les initiants avaient tort, et que le secret n’était d’ailleurs pas vraiment requis? Rien de tel pour donner à ses adversaires l’impression d’avoir été piégés.

Pourquoi d’ailleurs donner cette information et refuser d’en dire davantage sur l’historique des localisations? En quoi tant de discrétion se justifie-t-elle encore? Et surtout, quel genre de risque la BNS prévient-elle au juste en stockant toujours de l’or hors de Suisse? Envisage-t-elle que le pays puisse se trouver un jour dans des situations comparables à celles qu’il a connues lors des guerres du XXe siècle? Si c’est le cas, ne faut-il pas revoir également toute la politique de défense nationale? A la hausse et dans un sens plus territorial bien entendu.

Il semble évident que la direction de la Banque nationale sera très mal placée pour s’aventurer sur ce champ de mines. La focalisation sur le président exécutif est programmée. Or Thomas Jordan, successeur d’un Philipp Hildebrand balayé par l’UDC, ne pourra se permettre de se départir de sa rhétorique étroite de banquier central. Il a en plus le charisme d’un économètre, aucune expérience en politique et un salaire nettement plus élevé que les conseillers fédéraux. Le carnage est prévisible. Et la chance voudra forcément que le débat ait lieu dans une période délicate du point de vue de la politique monétaire...

En cas de défaite, c’est toute la direction et l’institution elle-même qui seront déstabilisés. Il est impératif que la BNS et son directoire s’impose une réserve complète sur ce dossier, et que le point de vue de l’institution soit défendu par le Conseil de Banque. Politiquement diversifié, présidé par Jean Studer, avocat, socialiste, ancien parlementaire et conseiller d’Etat, dont on a longtemps dit qu’il avait l’envergure d’un conseiller fédéral.n

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