lundi 01 septembre 2014 // 13:12


La progression spectaculaire de l’investissement durable

mardi, 14.05.2013

La contribution des institutionnels a encore augmenté pour atteindre près de 55% en Suisse l’an dernier.


Piotr kaczor

Le marché suisse de l’investissement durable enregistre une croissance annuelle de 24% en moyenne depuis 2005. Le rythme s’est quelque peu ralenti à 15% l’an dernier, ce marché n’en est pas moins perçu comme «plus fort que jamais» selon le dernier rapport publié hier par l’unité suisse du Forum sur les placements financiers durables FNG (Forum Nachhaltige Geldanlagen). Un marché suisse qui, par rapport à ses équivalents  européens est plus particulièrement imprégné par les stratégies traditionnelles telles que les fonds à thèmes et les sélections  «best-in-class» spécifiques à chaque secteur d’activité. Contrairement à ce que peut laisser supposer le succès récent de l’initiative sur les salaires abusifs, le rapport semble indiquer que l’approche de l’investissement durable par le biais de l’exercice des droits de votes des actionnaires est demeurée stable, voire en léger recul l’an dernier. Cette évolution s’appliquait à un volume d’actifs de 11 milliards de francs. Alors que dans le même temps, l’approche de l’intégration des critères de l’investissement socialement responsable (ISR) au sein même de l’analyse financière traditionnelle a enregistré la plus forte progression pour s’appliquer à un volume d’actifs de plus de 19 milliards de francs, plus du double de celui enregistré l’année précédente, même si la hausse s’explique en partie par un changement méthodologique.

L’approche par l’application de critères d’exclusion (armes et tabac surtout) a elle aussi nettement gagné en importance (souvent de 5 à dix critères simultanés). Et la croissance de ce marché devrait se poursuivre à un rythme à deux chiffres selon l’enquête du FNG. Compte tenu des pressions publiques et réglementaires attendues ces dix prochaines années. Ainsi que des répercussions potentielles de ces facteurs sur le risque de réputation des entreprises. Alors qu’en Suisse, le poids (54%) des investisseurs institutionnels a pour la première fois nettement dépassé celui des particuliers.

Le volume des investissements opérés l’an dernier en Suisse selon les critères de l’investissement durable ou socialement responsable (ISR) s’est étoffé de près de 15% à 48,5 milliards de francs. Ce sont surtout les mandats - institutionnels principalement - qui ont apporté la contribution la plus importante (+18,2%). Même si les fonds de placements (+13,3%) demeurent la catégorie principale (52,5% du total) dans ce domaine, devant les mandats de gestion (45% du total), bien loin devant les produits financiers structurés, qui ont essuyé des sorties nettes de fonds (-11%) dans l’investissement durable.

Sur un marché suisse dominé dans ce type de placements par la Banque Sarasin (38% du marché ainsi considéré), devant Ethos-Pictet (16%), Credit Suisse (y compris ResponsAbility 10,6%), RobecoSAM (8,8%) et Vontobel-Raiffeisen (7,7%). De plus, la part des investisseurs institutionnels (54%) a nettement dépassé l’an dernier celle des particuliers en Suisse. Cette part institutionnelle n’en demeure pas moins nettement inférieure à celle constatée en Allemagne (77%) et en Autriche (81%). Ce que Ingeborg Schumacher, membre de la direction du FNG et responsable de ce domaine auprès du cabinet Kaiser & Partner, explique notamment par le fait que les caisses de pension allemandes doivent rendre compte des modalités d’application des critères de l’ISR, ainsi qu’elle l’a souligné lors de la présentation de cette étude à la presse lundi à Zurich.

La Suisse affiche d’ailleurs un taux de pénétration des placements durables, estimé à 3,6% de l’ensemble des placements l’an dernier, une portion nettement supérieure à celle observée en Allemagne (1,3%). Ce qui s’explique aussi par l’importance et la sensibilité de la clientèle privée aux thèmes de l’investissement durable en Suisse. Même si l’impact de ce type de placements sur les performances d’investissements varie selon les études: «les placements durables ne réalisent peut-être pas une performance supérieure mais une performance équivalente, à un risque cependant moindre» résume de son côté Sabine Döbeli, vice-présidente de FNG et responsable du forum pour la Suisse, mais aussi responsable de l’investissement durable à la Banque Vontobel. L’infographie ci-contre montre que la technique «best-in-class» des meilleures entreprises notées dans leurs métiers respectifs a fait l’objet d’une faveur moindre l’an dernier en Suisse (-10,4% à 25 milliards de francs) mais continue à y jouer un rôle majeur. L’évolution étale de l’approche de l’investissement durable axée sur l’exercice des droits de votes dans les assemblées générales peut surprendre après le succès récent de l’initiative contre les rémunérations abusives. Sabine Döbeli rappelle cependant à cet égard que ce critère avait enregistré un bond substantiel l’année précédente, anticipant en quelque sorte l’intérêt pour ce mode d’influence sur les entreprises. La stratégie de placement par le biais dit de «l’engagement», soit d’un dialogue à long terme avec les entreprises - pour obtenir un comportement de celles-ci conforme aux principes de l’investissement durable - a de son côté quasiment doublé (+93,8%) pour s’établir à 11,65 milliards de francs. Pareille approche permet à des investisseurs actifs tels que la Fondation Ethos ou le fonds britannique Hermes de fédérer les voix des actionnaires sur des thèmes susceptibles d’être adaptés chaque année.

Le volet suisse de l’étude FNG repose sur les réponses prodiguées par 21 établissements (sur la quarantaine de membre du FNG) qui ont pris part à l’enquête.

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