Déclarez ou partez. En affirmant publiquement qu’elle n’accueillera plus d’argent non déclaré d’ici fin 2012 (lire en page 3), Sarasin prolonge de manière radicale son engagement en matière de durabilité.
En manifestant aussi ouvertement son adhésion à la Weissgeld Strategie défendue par les associations faîtières, la banque bâloise apporte la preuve que les obstacles techniques à la connaissance de la situation fiscale du client ne sont pas insurmontables.
Elle démontre aussi qu’il est possible de passer outre le probable mécontentement des relationship managers, qui devront convaincre certains de leurs clients de régulariser, avec le risque de les perdre et donc de diminuer leur masse sous gestion. Pas exactement le meilleur moyen de progresser hiérarchiquement dans une industrie où les objectifs individuels d’actifs sous gestion sont toujours plus élevés. Sarasin, toujours rassurante, affirme que 90% des clients qui choisissent de déclarer lui restent fidèles.
Ce spectaculaire engagement illustre surtout qu’une telle stratégie est d’autant plus facile à mettre en place que la part de fonds non déclarés est minime. Ce que Sarasin reconnaît – affirme, même! – sans ambages. Ou comment gagner beaucoup en termes d’image tout en risquant de perdre peu du côté des revenus, diront les mauvaises langues.
On reconnaît en filigrane la stratégie du Liechtenstein, qui s’est acheté une vertu à moindres frais en renonçant à l’argent non déclaré de ses fort peu nombreux clients britanniques.
En Suisse, tout le monde ne pourra pas se permettre une conduite aussi radicale que celle de Sarasin, ou avec un horizon temporel aussi rapproché et strict. La plupart des établissements ont bien sûr évalué la perte économique que générerait la disparition des actifs non déclarés qu’ils gèrent. C’est ce calcul qui déterminera leur empressement à pousser leurs clients vers la conformité fiscale ou non.
Cette décision stratégique serait facilitée par un règlement global de la question du statut fiscal des avoirs offshore. La place financière propose la solution Rubik qui, même si elle ne règle pas la question des avoirs «historiques», faciliterait la vie de nos banques. Et relèguerait à la normalité un engagement comme celui de Sarasin, qui passe encore pour un coup d’éclat.
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