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L'EDITORIAL

Editorial
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Vendredi - Samedi - Dimanche 3 - 4 - 5 juillet 2009 Envoyer à un ami |  Imprimer cet article
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La géostratégie intra-helvétique
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Par François Schaller / François Othenin-Girard
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Il y a quelques semaines, un nouveau débat improvisé sur l’existence politique d’une «Romandie» face à la Suisse alémanique agitait les esprits au quart de tour. Hier, la présentation d’un Greater Geneva Berne Area est également apparue comme un grand moment de géostratégie intra-helvétique (la discipline la plus atavique du monde politique suisse): les cantons francophones se regroupent avec Berne. Au moment ou Zurich présente son propre système d’alliances. Peu de temps après que le canton du Jura annonçait son ralliement à un Basel Area+. Du grand art.

Du point de vue de la promotion économique elle-même, les choses ne paraissent pas moins pittoresques. Comme si l’on s’acheminait vers la fin d’un cycle. Responsable au départ de la promotion de la Suisse à l’étranger, la Confédération et l’OSEC ont progressivement été dépossédées de leur vocation par la légendaire promotion de Neuchâtel (le fameux trio Dubois-Dobler-Sermet des années 1970-1980). Les autres cantons ont suivi sur cette vague, très porteuse politiquement. Il y eut ensuite la logique cumulative: l’union fait la force, pourquoi ne pas se regrouper? Les disputes n’ont pas tardé sur l’efficacité réelle des structures communes. Du point de vue des emplois durablement créés, de leur répartition, des biais fiscaux… Le cantonalisme n’étant plus politiquement correct depuis longtemps, la solution ne pouvait être que de se regrouper davantage. Aujourd’hui, ces nouvelles grandes régions de promotion économique n’ont plus guère le choix que de réussir de manière spectaculaire. Sinon, le stade suivant sera la Confédération. C’est-à-dire la case départ. A considérer l’indifférence de Doris Leuthard – comme celle de ses prédécesseurs à l’Economie – face aux exploits institutionnels des promotions romandes, il est aisé de deviner que ce moment est simplement, et patiemment attendu par l’OSEC.

Il n’est pas exclu non plus que la logique cumulative subisse un effet de rendement décroissant. Bien des pays ont beaucoup donné dans la promotion exogène hyper-active. Les recettes du volontarisme ne donnent plus les mêmes résultats. S’agissant de la Suisse, pays «confortablement» attractif sur les technologies, les services haut de gamme ou les quartiers généraux (pour toutes les raisons évoquées à longueur d’année dans les médias), le travail de profondeur sur les conditions cadres – fiscalité et efficacité administrative notamment - pourrait tout d’un coup apparaître comme prioritaire. Voire suffisant. C’est-à-dire redéléguable à la Confédération.

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